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Création d'un nouveau groupe de l'Action Antifasciste: Action Antifasciste Alpes Arpitanes

29 août 2010

Longue vie à AAAA!

Le blog est ICI: http://actionantifa.alpesarpitanes.over-blog.com

 

 

Nikolaï Ostrovski

26 août 2010

le plus grand romancier d'URSS vu par Romain Rolland en préface à "Et l'acier fut trempé"

 

Nikolaï Ostrovski

 

Les plus grandes œuvres d'art d'une révolution, ce sont les hommes qu'elle produit. Dans l'explosion de vie nouvelle qui fend la terre convulsée, on voit surgir des âmes de feu, comme des hymnes qui remplissent l'air de leurs cris de foi et dont les échos se prolongent bien après que ces hommes ont disparu. Ils deviendront, dans l'avenir, les inspirateurs et les héros des chants épiques et romancés, qui sont la moisson des opulents étés, dont l'âge de la révolution aura été le rude avant-printemps.

 

Nicolas Ostrovski est un de ces hommes, un de ces hymnes de vie ardente et d'héroïsme. André Gide qui l'a visité et qui lui a rendu un hommage d'admiration émue, n'a pas su le voir et l'entendre, quand il le représente comme « une âme privée de presque tout contact avec le monde extérieur et ne pouvant trouver base où s'étendre »; il s'est figuré, quand il lui tendait la main, qu'elle pouvait être pour Ostrovski, « comme un rattachement à la vie ». Mais des deux hommes, c'est le mourant qui aurait pu « rattacher l'autre à la vie ». Comment Gide ne l'a-t-il pas senti? Cette torche d'action aurait dû lui brûler les doigts.


Tout, dans Ostrovski, est flamme d'action et de combat; et cette flamme n'a fait que grandir et s'élargir, à mesure que la nuit et la mort se resserraient autour de lui.


Le jeune garçon qui, dans sa dure enfance, s'exaltait des vies héroïques de Garibaldi et d'Ovod (1) - qui, à quinze ans, galopait dans la cavalerie de Boudienni, - qui, blessé gravement, puis gravement malade du typhus, retournait inlassablement au combat et aux travaux de choc les plus exténuants et les plus périlleux, - qui atteint à la colonne vertébrale, perdait la vue, avait les jambes, les bras paralysés et prenait la plume, puis dictait, poursuivant par la parole la bataille, - n'a été rien moins qu'un mystique de la douleur et de la solitude, dont « rien ne venait jamais le distraire » (comme l'a dit Gide). Il débordait d'action sans repos et d'optimisme. Et cette joie le reliait à tout le reste de l'armée, à tous les peuples de la terre, en marche et en combat.

 


Nikolaï Ostrovski Soldat

 

A un visiteur lui demandant :« Est-il-possible que vous n'ayez pas de regrets? » il répondait:

  • Je n'ai simplement pas le temps pour cela... Dans notre pays, même la nuit noire peut devenir un matin éclatant de soleil. Je suis profondément heureux. Ma tragédie personnelle est rejetée de côté, par la joie merveilleuse d'avoir conscience que mes mains aussi posent des briques pour le magnifique édifice que nous construisons, et dont le nom est le socialisme...

Même dans ses rêves qui le dévoraient, du matin jusque dans la nuit profonde, il se mêlait avec passion à toutes les révolutions du monde: en Chine, en Espagne... Il élaborait des plans d'insurrection dans une province, il organisait un soulèvement de marins sur un dread-nought, il commandait une armée, il écrasait les troupes fascistes de Franco... Il voyait venir la révolution mondiale, et il lui frayait le chemin.


  • Pour moi, disait-il, il n'existe pas de joie plus grande que celle de combattre pour le beau bonheur de l'humanité.

Aussi n'avait-il pas assez de mépris indigné pour les pleurnicheurs qui se plaignent toujours de la vie et qui, au moindre échec personnel, geignent qu'ils n'ont plus de raison de vivre...


  • Ah! si j'avais ce qu'ils ont : la santé, la possibilité de me mouvoir par le monde immense (c'est un rêve terrible, et je ne me le permets pas) oh! j'aurais vécu avidement, follement … (2)

Il achevait, en mourant, son livre: Enfantés par la tempête; et, dans ses plans, le roman autobiographique Et l'acier fut trempé devait avoir pour fin ce volume au titre significatif : Le Bonheur de Kortchaguine... Le bonheur d'Ostrovski, aveugle, paralysé, mourant sur le

champ de bataille...

Puisse ce bonheur sublime d'un jeune héros, pour qui Tout ce qui est personnel n'est pas éternel, rayonner de sa vie et de sa mort !

En réponse à un chaud salut, reçu de lui, l'an dernier, je lui écrivais:

« Soyez certain que, si votre vie a connu de sombres jours, elle est et elle sera une lumière pour des milliers d'hommes. Vous resterez pour le monde un bienfaisant, un exaltant exemple de victoire de l'esprit sur les trahisons du sort individuel : car vous vous êtes fait un avec votre grand peuple, ressuscité et libéré; vous avez épousé sa joie puissante et son élan irrésistible. Vous êtes en lui, il est en vous. »

ROMAIN ROLLAND.


1. Ovod, roman de Voïnitch, auteure anglaise, sur la vie des révolutionnaires italiens (N. R.).


2. Paroles citées dans un article de S. TREGOUB, dans Komsomolskaïa Pravda.

 

Nikolaï Ostrovski Jeune

 

 

 

La garde à vue: comment réagir?

23 août 2010

Nous reproduisons ici un document issu du mouvement toto qui est intéressant parce qu'il part de la pratique et non de délires techniques basés sur les lois et la théorie bourgeoises.

Pour lutter efficacement et intelligemment, la première chose est de connaître la réalité. Donc pour ceux qui n'ont pas d'expérience de cette réalité autant se faire une idée avant.

Bref, même si ça peut s'adapter en fonction de la situation, lire ce texte avant de se retrouver en garde à vue est un minimum.

 

Manuel de survie en Garde à vue (en .pdf ici)

 

 

AABDX Soutient les sites attaqués par l'Etat bourgeois et le raciste Hortefeux

13 août 2010

 

police

 

vous pouvez lire et soutenir Indymedia Grenoble ICI et le Jura libertaire LA

 

 

 

Nicölas Police

 

 

 

Changement d'adresses des sites de l'action antifasciste

12 août 2010

 

chemin sinueux

 

Suite à une action de sabotage, les sites hébergés sur antifa.fr ne sont plus accessibles. Cependant la situation commence à revenir à la normale.

Vous pouvez consulter

Action Antifasciste Alsace ICI : http://antifalsace.wordpress.com/

Action Antifasciste Pévèle et Mélentois ICI : http://actionantifapm.wordpress.com/

Libération Irlande ICI : http://liberationirlande.wordpress.com/

 

Que fait un policier pendant son "travail"?

29 juillet 2010

à Grenoble et à Saint Aignan, tout le monde a pu voir comment agissent la police et la gendarmerie.

Pas tout le temps? certes, mis voici comment ça se passe en temps normal!

Si vous connaissez des flics, en avez dans votre famille, il va falloir les confronter à ces images et qu'ils s'expliquent parce qu'il vaut des fois mieux être chômeur et pauvre que flic et matraqueur!

 


Evacuation de familles sans logement à la Courneuve



Une expulsion ordinaire, France, été 2010

 

 

Lettre de Salah Hamouri, prisonnier en Palestine occupée

25 juillet 2010

Nous saluons son courage et son refus de trahir son peuple malgré la proposition de libération de l'Etat sioniste.

 

 

 

Salah Hamouri

Comme citoyen franco-palestinien, je pensais que les autorités françaises se devaient de me protéger alors que je vis dans un pays sous occupation militaire décidée par un gouvernement qui refuse obstinément de reconnaître et d’appliquer le droit international.

Au pays de la révolution française qui a mis fin au féodalisme et à la servitude en propageant à travers le monde les mots de « Liberté – Egalité – Fraternité » ; à Paris, capitale d’un pays qui a résisté hautement pour se libérer de la barbarie d’une armée occupante féroce et brutale ; depuis vos bureaux à l’Elysée ou ceux du Quai d’Orsay – j’espère que vous lirez ma lettre.

Dans l’un de ces bureaux, ma mère a été finalement reçue afin de discuter des moyens pour obtenir ma libération.

Nous savons tous que la démocratie fonde le respect de la diversité des êtres humains. Elle définit les bases légales qui accordent à chacun des droits et des devoirs. Elle prône l’égalité des droits humains et refuse absolument d’établir des différences négatives et ségrégatives selon la couleur de la peau, l’origine, la religion, etc.

Comme citoyen franco-palestinien, je pensais que les autorités françaises se devaient de me protéger (comme elles le font pour tous nos compatriotes français injustement en difficulté dans le monde) alors que je vis dans un pays sous occupation militaire décidée par un gouvernement qui refuse obstinément de reconnaître et d’appliquer le droit international.

Il semblerait que ce gouvernement, le gouvernement israélien, vous ait convaincu que le seul moyen pour moi de retrouver la liberté n’était pas que, lui, fasse, ce qu’il devrait faire pour cela mais qu’en plus de l’injustice que je subis que, moi, je fasse un acte d’humiliation supplémentaire : que je présente des « regrets » devant un tribunal militaire d’occupation.

Je voudrais vous poser une seule question : aurait-il été acceptable pour vous que les résistants français, pendant la seconde guerre mondiale, « regrettent » leurs actes devant des tribunaux d’occupation ou de collaboration ?

Si on ne peut comparer terme à terme les deux situations, il n’en reste pas moins que la Palestine vit aussi sous occupation étrangère depuis maintenant 62 ans. Une occupation brutale qui multiplie les meurtres, qui construit des murs, qui assiège et colonise, qui expulse le plus possible de Palestiniens de leur terre ou de leurs maisons, surtout à Jérusalem-Est où je vis avec ma famille.

Devant cette occupation que vit mon peuple, je ne peux rester ni indifférent ni me taire. Je suis né et j’ai grandi dans un pays occupé et, parce que je ne peux pas me taire, je suis depuis plus de 5 ans en prison.
Comment pourrais-je accepter cette occupation que vous-même avez condamnée ? C’est mon droit que de la refuser.

Dans ces conditions il n’est pas pensable une seule minute, qu’en plus de tout cela que je subis, j’en vienne à « regretter » ou à « m’excuser » de quoi que ce soit devant un tribunal militaire d’occupation.

Je soutiens la résistance légitime de mon peuple qui bénéficie de la solidarité des gens libres à travers le monde.

Bien à vous,

Salah Hamouri

Prison de Guilboa Section 4 Le 14 juillet 2010


Salah Hamouri



http://www.france-palestine.org/article15250.html


 

 

Hommage à Guy Lévy, Juif assassiné par les fascistes il y a 15 ans.

21 juillet 2010

 

 

Il y a 15 ans, le 21 juillet 1995, Guy Lévy, agent commercial à l'agence Citroën du Bouscat est enlevé puis assassiné par des fascistes proches du PNFE et du FN.

Ces deux fascistes vigneaud philippe, 24 ans et vincent parera, 39 ans au moment des faits, l'ont choisi parce qu'il est juif. D'ailleurs la prose de parera est on ne peut plus claire «Les juifs sont responsables des six grands fléaux qui ont frappé la race aryenne», ou «Nous devons nous attaquer aux immigrés non blancs et à tous ceux qui les protègent en France».

Ils demandent à l'entreprise Citröen une rançon d'un million de francs, au nom d'une prétendue «armée des jeunes musulmans».

A toulouse, ces deux fascistes avaient auparavant tenté d'enlever un médecin répéré grâce à son "nom étranger".

Au procès, le père de philippe vigneaud déclare que son fils était "un garçon sans problème, un élève studieux, affectueux avec sa mère, qui ne nous a donné que des satisfactions… ".

Aujourd'hui une rue de Mérignac porte le nom de Guy Lévy pour rappeler de quoi les fascistes sont capables.

 

 

 

Lotta Continua: "Prenons la ville!"

8 juillet 2010

à lire impérativement!

 

 

PRENONS LA VILLE (12 novembre 1970)

prenons la ville

 

La vie politique italienne est plus encore que par le passé dans la plus grande confusion. Face aux tensions sociales et à la difficulté manifeste de leur trouver une solution dans le cadre du régime bourgeois, la bourgeoisie tente d'enlever à la classe ouvrière l'hégémonie qu'elle avait conquise l'année dernière sur le terrain social et de la rejeter, comme une couche sociale parmi d'autres, dans le marais du système bourgeois.

LA SITUATION DANS LES USINES
La situation actuelle dans les usines ne peut porter au pessimisme que ceux qui voient la lutte comme un processus linéaire, comme une succession d'attaques et de contre-attaques, par lesquelles, pas à pas, l'enjeu de l'affrontement se déplace et s'élève.

Or, bien que divisée par ses propres différenciations et contradictions internes, la bourgeoisie reste maîtresse du pouvoir et dispose contre son ennemi de classe, le prolétariat, d'un arsenal d'armes utilisables à tout moment.

Le prolétariat est la classe qui doit conquérir le pouvoir. Il forge les armes de sa victoire dans le cours même de la lutte et de façon collective.

Pour produire le « décret » [train de mesures fiscales et para-fiscales édictées en 1970 pour lutter contre l'inflation], il a suffi de réunir une poignée de ministres ; mais il faut des mois et des années pour que les ouvriers s'unissent et poursuivent leurs objectifs de façon autonome.

Si un décret peut annuler les conquêtes économiques de la classe ouvrière, il ne peut certainement pas annuler ses conquêtes politiques ; si les camarades oublient cette différence fondamentale entre la façon d'agir des capitalistes et celle du mouvement prolétarien, ils risquent de dévier sur des positions aventuristes ou désespérées et, donc, de devenir étrangers aux masses, de rester prisonniers de la logique que la bourgeoisie s'efforce d'imposer au mouvement de classe.


LE DÉCRET

Le décret a montré, mieux encore que l'augmentation générale des prix, par quelles escroqueries, politiques et économiques, la bourgeoisie pense pouvoir annuler les conquêtes arrachées par l'offensive ouvrière : « La lutte ne paie pas, se dresser contre les règles du système ne peut qu'empirer votre condition dans le système.»

Il ne faut pas sous-estimer les effets économiques de cette escroquerie sur les conditions de vie matérielle des masses. Là où il n'y a pas de luttes ouvertes, en premier lieu à la Fiat, la double journée de travail est une pratique normale de la majorité des ouvriers : l'horaire hebdomadaire réel atteint le chiffre impressionnant de 60 à 70 heures, sans compter les transports.

La misère et la gêne matérielle les plus cruelles en matière de logement, de santé et d'instruction, sont la réalité quotidienne de la vie des prolétaires, particulièrement dans les grandes concentrations urbaines et dans les zones à taux de chômage élevé.

C'est dans ce cadre que s'inscrivent la répression patronale à l'usine, les licenciements, les mutations massives, les lock-out et les mises à pied, bref le durcissement patronal contre toute forme d'initiative ouvrière, l'utilisation de bandes fascistes et le financement massif d'initiatives syndicales para-fascistes, etc.

La classe ouvrière est conduite soit à baisser la tête, soit à s'épuiser en réactions défensives aux provocations patronales qui cherchent à décimer les avant-gardes.

L'initiative ouvrière est ainsi acculée, réduite soit à une sourde lutte quotidienne contre l'intensification de l'exploitation, soit à l'absentéisme, aux absences massives et prolongées, soit aux luttes partielles dont le coût est sans rapport avec les objectifs. Il s'agit là d'explosions de combativité plus que de programme de lutte. Mais attention : il faut bien voir la réalité que recouvre une apparente passivité, une apparente faiblesse : une très forte politisation de masse, la conscience et la conviction que l'ennemi, c'est le gouvernement et l'Etat des patrons, qu'une organisation prolétarienne générale est nécessaire pour se mesurer avec cet ennemi, que toute lutte qui n'a pas la révolution pour perspective est une lutte perdante.

Paradoxalement, c'est justement ce haut niveau de conscience des masses prolétariennes qui freine et fait obstacle aux initiatives immédiates de luttes; aujourd'hui, les ouvriers exigent de savoir quelle organisation est en mesure de garantir la généralité de la lutte, son rapport avec les luttes sociales.

Les grèves spontanées et les grèves organisées contre la production sont un acquis du passé ; aujourd'hui, on veut autre chose.

Ainsi, l'augmentation des prix, le décret, la répression provoquent le contraire de ce que à quoi tendaient ces mesures : non pas un retour au fatalisme et à la résignation individuelle mais une maturation et une extension de l'horizon politique prolétarien.

La bourgeoisie a produit peu d'hommes « d'Etat » aussi insignifiants que Colombo, mais peu ont, comme lui, nourri avec autant de force et d'imagination les rêves des chasseurs de prolétaires.

Face à cette situation, nous courons le risque qu'une intervention unilatérale de notre part, exclusivement occupée à pousser de façon artificielle à la reprise de la lutte à l'usine, ne nous rende étrangers aux masses et ne se transforme en un facteur de frustration et de découragement pour les masses et pour les militants eux-mêmes; notre présence, interprétée comme un appel continuel à la lutte, à la grève, devient non pas une expression des exigences ouvrières mais une espèce de réprobation gratuite, venant de l'extérieur, contre la faiblesse des prolétaires.

Ce problème ne se pose pas aujourd'hui dans les seules situations (notamment à la Fiat) où il n'y a pas de lutte ouverte, mais également, de façon tendancielle, dans toutes les situations qui sont actuellement caractérisées par la lutte ; ce problème influe sur le contenu des interventions dans les luttes elles-mêmes.

 

lotta continua

 


LES LUTTES SOCIALES

A côté de la permanence de fortes tensions dans les usines, qui s'étendent même à des zones où la maturation autonome des ouvriers a été plus réduite, les luttes explosent aujourd'hui sur le terrain social, qui est probablement décisif dans cette phase.

De la poussée impétueuse des contradictions sociales dans le sud aux luttes pour le logement et les transports et aux luttes étudiantes dans les grandes villes, les peu glorieuses mobilisations syndicales pour les réformes ont fait place à une initiative prolétarienne croissante contre la misère matérielle et morale de la vie sociale.

C'est sur ce terrain que la lutte de la classe ouvrière pourra surmonter ses difficultés actuelles, retrouver des perspectives qui lui rendront vigueur et confiance dans son efficacité.

Il ne fait pas de doute que la socialisation grandissante des luttes prolétariennes est davantage une conséquence indirecte des grandes luttes ouvrières contre la production, qu'un prolongement direct de celles-ci.

Ce n'est pas encore l'organisation ouvrière autonome formée dans la lutte d'usine qui débouche sur le terrain social, orientant la lutte sur les conditions de vie et établissant un rapport direct entre objectifs d'usine et objectifs sociaux : ce sont plutôt les contenus généraux et le niveau de conscience des luttes ouvrières qui s'expriment à nouveau de façon diffuse dans la société, à travers une quantité d'initiatives qui ne parviennent pas encore à s'unifier dans un programme et une organisation communes.

C'est en grande partie inévitable : une liaison immédiate entre luttes d'usine et luttes sociales n'est possible que sous la forme faussée, bureaucratique et contre-révolutionnaire des épisodiques mobilisations syndicales.

Il se produit, aujourd'hui, sur le terrain social, quelque chose de comparable à l'explosion qui a secoué les usines italiennes il y a deux ans : un développement spontané de l'initiative prolétarienne, encore partielle et fragmentée, encore concentrée sur des affrontements particuliers et non pas organisée en un programme général.

Elle doit être appuyée à fond, parce que seule sa généralisation permettra de rendre à la lutte ouvrière d'usine le souffle politique dont elle a aujourd'hui besoin.

Nous ne sommes aujourd'hui qu'au début de ce processus, mais il est important que nous en mesurions jusqu'au bout la portée stratégique ; il est important surtout d'éviter certaines erreurs qui nous guettent :
a) Dissocier l'intervention sur le plan social, dans les quartiers et les régions, de l'intervention dans l'usine, en supprimant le rôle dirigeant que les avant-gardes ouvrières peuvent et doivent avoir dans la socialisation de la lutte, et donc
b) Noyer dans un concept général de « prolétariat » les caractéristiques propres des couches prolétariennes pour finir dans une agitation populiste et misérabiliste ;
c) Réduire l'intervention sociale pour n'y voir qu'un stimulant à l'organisation de luttes partielles, encore moins capables que les luttes d'usine de permanence politique.

 

lotta continua

 


PRENONS LA VILLE

Avec un mot d'ordre bien plus vivant et riche que nos expressions bureaucratiques sur le « travail de quartier » ou « l'organisation territoriale », un camarade ouvrier a exprimé ce nouveau programme de lutte : PRENONS LA VILLE.

Que veut dire ce mot d'ordre ? Ce n'est pas par hasard qu'il est particulièrement bien adapté aux grandes concentrations du nord, à Turin, à Milan, où la présence massive des immigrés et la domination de l'usine sur la ville font des prolétaires des étrangers à la ville. Ce mot d'ordre n'a évidemment rien à voir avec l'odieuse caricature administrative de la démocratie qui s'incarne dans les comités de quartiers à gestion révisionniste, sous-produits gratuits des administrations communales.

La ville, les prolétaires ne peuvent ni ne doivent la gérer, pas plus qu'ils ne peuvent ni ne doivent gérer l'usine.

Ils peuvent et doivent gérer la lutte de classe dans la ville comme dans l'usine.

Qu'a signifié pour la classe ouvrière, dans les grandes luttes de ces dernières années, le mot d'ordre « prendre l'usine » ? Non pas, bien sûr, « gérer » ou bien « contrôler » la production, ni « participer » à la direction ou aux bénéfices des usines ; mais renverser la gestion capitaliste de l'usine, transformer l'unité objective de la production salariée en unité subjective, politique, dans la lutte contre la production.

L'usine est devenue le lieu où, à travers les débrayages, les assemblées, les défilés, l'unité de classe des ouvriers s'est recomposée et organisée.

De même, « prendre la ville » veut dire en finir avec la désagrégation du prolétariat, avec le contrôle exercé sur les masses par la solitude, l'exploitation économique, l'idéologie bourgeoise, pour produire leur contraire, l'unité prolétarienne complète, non plus seulement contre la production capitaliste, mais pour le droit de tous à une vie sociale communiste libérée du besoin, saine et heureuse.

« Prendre la ville » veut dire dépasser l'isolement « syndical » des mobilisations puissantes et riches de sens mais privées de perspectives à cause de leur caractère partiel (que ce soit sur le problème du logement ou celui de l'école ou celui de la santé) ; cela veut dire lier entre eux ces moments de lutte, mais surtout lier chacun d'entre eux à un programme complet de vie sociale émancipée.

Tout ce qui existe est le fruit du travail prolétarien et est retourné contre le prolétariat ; le problème, c'est de se le réapproprier dans la lutte et, en premier lieu, de se réapproprier l'identité de classe, c'est-à-dire de découvrir collectivement, à partir des besoins des masses les plus exploitées, les mécanismes de division et de sélection qui agissent sur le terrain social ; de tracer, sur la base de la lutte, des lignes de démarcation entre les oppresseurs, leurs complices et les prolétaires.

Lutter pour le logement, contre toute forme de délégation réformiste, par l'initiative directe des masses, signifie connaître par son nom et son prénom son ennemi, des grandes sociétés immobilières aux sociétés publiques de construction, des grands spéculateurs privés aux escrocs des hôtels, des foyers, liés à l'industrie et à l'administration publique; cela signifie connaître et résoudre les contradictions au sein du prolétariat, entre ceux qui vivent dans des baraques et ceux qui habitent les maisons populaires, entre les locataires des maisons privées et les propriétaires d'un ou de deux appartements, entre les « hôtes » des pensions prolétariennes et ceux des foyers d'étudiants.

C'est cette gigantesque analyse de classe collective qui produit progressivement les conditions nécessaires pour l'organisation politique du prolétariat dans les villes ou les campagnes, qui réalise progressivement l'unification autour de la gauche, autour de ceux qui ne sont pas toujours les plus malheureux mais les plus exploités et les plus conscients, ceux qui, dans les grandes villes, coïncident objectivement avec la gauche de la classe ouvrière d'usine : les jeunes ouvriers immigrés des chaînes, des entreprises et des chantiers, pour les unir aux autres couches prolétariennes.

Et cela dans la bataille prolétarienne pour l'école ou pour la santé, ou contre le scandale des prix, des impôts ou des transports.

 

lotta continua

 

Ce qui compte, c'est de dégager et d'affirmer pleinement le contenu fondamental de cette lutte : la conscience collective que cette vie que les capitalistes nous font maudire peut être belle, que le programme de la lutte prolétarienne, ce n'est pas une vie « meilleure » mais une vie radicalement différente; la conscience en particulier que l'organisation des prolétaires n'est pas simplement un moment de leur vie, nécessaire pour atteindre certains objectifs, mais qu'elle est la seule possibilité de vaincre la misère matérielle et morale de la vie quotidienne, de ne plus être seul, malheureux et désespéré.

C'est là que, véritablement, la lutte de classe fait un pas en avant décisif, non pas en ce sens qu'elle étend son front, mais parce qu'elle détruit la politique comme activité séparée, comme spécialisation, comme moment syndical ; et cela signifie aujourd'hui, pour nous, savoir supprimer l'esprit de spécialisation et le bureaucratisme dont nous sommes objectivement affectés, savoir modifier notre langage, notre méthode de travail, cesser de mesurer nos progrès au nombre de réunions « fermées » et s'unir aux masses là où elles se trouvent, sur les places, dans les rues, dans les cafés, dans les maisons.

Les assemblées populaires, les manifestations de rue, les piquets sur les marchés, les occupations de transports publics, les garderies où les enfants des prolétaires ne sont pas surveillés militairement, misérablement et pour un prix élevé mais disposent librement d'eux-mêmes, les écoles ouvertes aux sièges de l'organisation prolétarienne, les locaux où les prolétaires discutent, rédigent et financent les instruments de leur information et de leur organisation, des tracts aux journaux, aux affiches, voilà les instruments de notre travail.

Et ce refus de la spécialisation, ce refus d'une politisation fausse parce que unilatérale, doit se refléter jusque dans la façon dont nous posons le problème de l'illégalité révolutionnaire.
L'illégalité, la violence révolutionnaire et son organisation ne sont pas la prérogative d'une avant-garde transformée en escouade militaire débile et pathétique ; elle sont partie intégrante de l'expérience de masse du prolétariat : le refus des expulsions, l'auto-défense contre la police, la prétendue délinquance juvénile, la violence politique qui explose dans les occasions les plus diverses et apparemment incompréhensibles comme dans les stades et les spectacles.

Avoir un rôle d'avant-garde sur ce terrain comme sur tous les autres ne veut pas dire assumer des tâches dont les masses ne peuvent être chargées dans tel cas précis de la préparation à la lutte illégale, mais s'identifier à l'expérience quotidienne qu'ont les masses de la violence révolutionnaire.

Inutile de dire que seul l'enracinement dans les masses pourra permettre d'affronter le choc avec l'appareil répressif bourgeois jusqu'aux niveaux les plus élevés ; sans quoi il ne faudra pas beaucoup de temps pour venir à bout de nos velléités.

La tâche générale dans cette phase n'est donc pas d'inventer des « foyers de révolte prolétarienne », mais de fondre les différents moments de révolte dans un programme complet, dans une organisation complète. La lutte des étudiants n'a aujourd'hui de sens que dans cette perspective, hors de laquelle il n'existe pas de « stratégie des luttes étudiantes ».

 

lotta continua

 


UNE ALTERNANCE DANGEREUSE

Le danger le plus grave que nous courons est de voir notre intervention osciller continuellement entre deux pôles opposés, qui finissent par être constamment séparés au gré des flux et reflux du mouvement de classe et des situations particulières dans lesquelles il nous est donné d'agir; il en est souvent ainsi pour le rapport usine-luttes sociales, ou pour le rapport entre objectifs matériels de la lutte et programme politique général.

Quand, par exemple, la lutte ouvrière d'usine est la plus enflammée, c'est elle qui absorbe toutes nos forces ; inversement, quand la lutte ouvrière est dans une phase moins aiguë, nous sommes poussés à concentrer nos forces sur le travail extérieur à l'usine.

De cette manière, nous allons à l'aveuglette ; dans le premier cas, parce que nous ne savons pas mettre à profit l'incitation générale à la lutte prolétarienne contenue dans les luttes ouvrières les plus avancées; dans le second, parce que nous ne savons pas voir que seul le lien avec une dimension générale et sociale de lutte et d'organisation peut garantir la croissance continue de l'autonomie ouvrière organisée dans l'usine.

Ou encore, par exemple, quand nous privilégions de façon unilatérale la valeur mobilisatrice des objectifs matériels, nous risquons de nous retrouver, même après une lutte puissante et radicale, devant le reflux et la désagrégation.

Inversement, quand nous insistons arbitrairement sur la propagande politique générale, nous risquons de tomber dans l'idéologie, qui est toujours étrangère aux besoins et à la conscience des masses.

Aujourd'hui, toutes les conditions sont réunies pour échapper à cette alternance appauvrissante : c'est précisément le progrès de la lutte de classe qui les a créées : jamais autant qu'aujourd'hui un plan général d'objectifs n'a su unifier et exprimer les besoins fondamentaux des masses, dont la condition est rendue encore plus homogène par la contre-offensive capitaliste et gouvernementale; jamais autant qu'aujourd'hui n'est apparue clairement la valeur d'un plan qui n'alterne pas entre un catalogue de revendications et un programme politique exhaustif.

Ce ne sera pas une plate-forme unique qui produira l'unification et la généralisation immédiate des luttes. Mais c'est avant tout par rapport à un programme et à ses contenus que la classe ouvrière mesure aujourd'hui la valeur des luttes partielles qu'elle est en train de mener.

Ce sont surtout les contenus et la signification générale de ce programme, y compris la perspective de la révolution et du communisme, et non pas ses termes revendicatifs immédiats, qui qualifient aujourd'hui notre intervention et notre présence parmi les masses.

Le point sur lequel il faut insister est le suivant : aujourd'hui, organiser les masses dans l'usine et au dehors signifie les organiser une fois admis ces contenus ; les formalistes équivoques de la « démocratie de base » dans laquelle ont pu coexister révisionnistes et révolutionnaires, camarades et jaunes, ont été écartés par la maturation de la lutte de classe et les contradictions qu'elle a aiguisées dans l'appareil politique et économique bourgeois.

C'est justement dans cette période où ils renoncent à la lutte de la façon la plus éhontée, que les syndicats relancent l'arsenal démodé de la démocratie formelle : l'unité syndicale, la fin des commissions internes, les conseils de délégués - boîtes vides que la bureaucratie bourgeoise se chargera de remplir.

C'est le moment de se décider à traiter à fond la question de l'organisation de masse.

Nous disons non aux syndicats anciens et nouveaux, non au statut des assemblées, non aux conseils de délégués. Nous disons oui à une organisation de masse rigoureuse, avec ses structures de décision, de liaison et de représentation, d l'usine et au dehors, mais à la condition de prendre pour point de départ la définition des contenus de cette organisation.
Cette organisation n'est pas seulement l'organisation « démocratique » des ouvriers et des prolétaires, c'est l'organisation démocratique des ouvriers conscients et des prolétaires qui se reconnaissent dans un programme politique précis.

Ce programme n'est pas la revendication maximaliste de la prise du pouvoir mais il n'a de sens que dans la perspective de la prise du pouvoir. C'est pourquoi il exclut les syndicats favorables à la productivité et aux réformes de Colombo, et le PCI d'accord avec le décret.

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A propos du programme: « Prenons la ville » (1971)

I. LES DÉBOUCHÉS POLITIQUES

Pour nous, « prenons la ville » n'est pas seulement un mot d'ordre mais un programme qui doit nous permettre d'interpréter toute une phase de la lutte de classe et de lui donner une orientation politique.

La lutte ouvrière a atteint un « plafond ». Dans les formes où elle s'est développée jusqu'à présent, l'autonomie ouvrière risque d'être étouffée par ses propres conquêtes. Les ouvriers ont pris conscience de leur force, de leurs intérêts matériels, de leur unité de classe.

Sur le plan des conquêtes matérielles, les patrons sont décidés à ne plus rien céder désormais. Sur le plan des rapports de force entre ouvriers et patrons, le capital a déchaîné sa contre-offensive. La crise, provoquée par l'offensive ouvrière contre la productivité patronale, se retourne sous nos yeux en une initiative du capital qui tend à étouffer l'autonomie ouvrière en lui reprenant le terrain de la lutte d'usine sur lequel elle a grandi et s'est consolidée.

Certains camarades (Potere Operaio) entrevoient une issue à cette situation dans une perspective directement insurrectionnelle. L'offensive ouvrière contre la production, disent-ils, ne suffit plus. La lutte de classe ne peut progresser que sur le terrain d'un affrontement direct entre prolétaires et patrons, qui mette en jeu le pouvoir d'Etat.

Les conquêtes de l'autonomie ouvrière sont, jusqu'à ce jour, aux yeux de ces camarades, un point de départ suffisant pour affronter le problème de la prise du pouvoir et du renversement du mode de production capitaliste. Pas pour nous.

Pour nous, la révolution est un processus de longue durée.

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Nous considérons que les masses en ont parcouru ces dernières années la première étape mais cela ne signifie pas que la prise du pouvoir et l'insurrection soient aujourd'hui à l'ordre du jour. L'unité, la conscience et la puissance que le pouvoir ouvrier a atteintes ces dernières années sont loin de constituer une base suffisante pour que la lutte armée en vue de détruire l'Etat bourgeois soit le premier point à l'ordre du jour.

D'autres camarades (Il Manifesto) qui sont d'accord avec nous pour prévoir un processus révolutionnaire à longue échéance, recherchent le « débouché politique » au niveau surtout institutionnel. Ils mesurent le développement de la lutte de classe à l'établissement et à la consolidation d'institutions nouvelles. Pour eux, la lutte de classe doit donner naissance - dans les usines, les écoles et les quartiers - à un réseau de contre-pouvoirs faisant pièce au pouvoir de l'Etat et des patrons. Dans cette conception, le problème de l'affrontement violent avec l'appareil répressif de l'Etat et de l'impérialisme n'est jamais posé, et sans doute s'imagine-t-on pouvoir l'éluder.

Nous ne sommes pas d'accord. Pour nous, les structures organisationnelles sont toujours les instruments d'une ligne politique et leur valeur se mesure aux tâches que la situation politique nous permet, à chaque fois, de définir. Ce que nous mettons au premier plan, parce que cela nous permet de fixer des échéances et des objectifs, cc sont les rapports de force entre ouvriers et patrons, c'est-à-dire les possibilités et les instruments dont disposent les uns et les autres pour combattre leur ennemi de classe.

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LA « FONDATION DU PARTI »

Ces deux conceptions ont en commun (avec une troisième qui ne nous intéresse pas ici parce qu'elle voit le problème du parti complètement coupé des rythmes de la lutte des classes) une vision statique et bureaucratique du parti conçu comme une chose qui n'existe pas aujourd'hui et qui existera à un certain moment. C'est pourquoi une des étapes que doit atteindre la lutte est, selon elles, la « fondation » du parti.

Pour nous, au contraire, la fondation du parti n'est rien d'autre que la formation d'une direction politique révolutionnaire au sein de la lutte de classe, c'est-à-dire la capacité, à chaque phase, de faire progresser la lutte en direction de la prise du pouvoir et du communisme. Cette capacité doit croître et se donner des tâches toujours plus générales, sans qu'on puisse dire à tel moment : crac, ça y est, à partir de maintenant le parti existe.

Pour nous, le « débouché politique » de ces luttes doit être avant tout une extension progressive de l'initiative ouvrière et prolétarienne à tous les domaines de la vie sociale, de manière à transformer tout l'éventail des rapports sociaux en terrain d'affrontement et de lutte des classes. C'est sur ce plan que nous mesurons le développement ultérieur de la lutte de classe.

Dans l'usine aussi bien que dans certaines situations exemplaires - qui ont été jusqu'à ce jour le terrain privilégié sur lequel s'est développée l'autonomie du prolétariat - les ouvriers et les prolétaires ont pris l'initiative ces dernières années : ils ont su reconnaître leurs intérêts de classe, ils les ont fait passer avant les exigences de la production, les impératifs de la technique, les lois du marché, c'est-à-dire les intérêts du patron.

Mais dans bien d'autres domaines, l'initiative reste solidement tenue en mains par les patrons, soit que les ouvriers et les prolétaires, bien qu'ils aient reconnu ces domaines comme des terrains de lutte, ne sont pas encore en mesure de lutter pour les exploiter, soit qu'ils ne sont pas assez forts, soit qu'ils n'ont pas su résoudre les contradictions entre eux, soit qu'ils n'ont pas su traduire leur force et leur conscience en lutte et en organisation. Soit enfin pour toutes ces raisons réunies.

C'est là la limite majeure de leur autonomie et tant que cette limite ne sera pas surmontée, le patron conservera intactes ses possibilités de récupération ; il se servira du terrain sur lequel c'est encore lui qui décide et a l'initiative pour isoler et étouffer l'autonomie ouvrière dans les secteurs où il a perdu l'initiative.

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IL Y A DEUX VOIES EN TOUTES CHOSES

L'école, la maison, les prix, les rapports entre les sexes, entre jeunes et vieux, entre parents et enfants ; le problème de l'information, la manière de se guérir des maladies, l'administration - et la conception - de la justice ; la manière de vivre, d'être en société, de s'amuser, d'employer son temps, le sens à donner à la vie : tout cela, sans parler de la division du prolétariat en couches diverses, forme l'ensemble des domaines dans lesquels les patrons gardent l'initiative, imposent leurs solutions que les prolétaires admettent et souvent font leurs. Mais ces solutions ne sont pas neutres.

Dans n'importe quel domaine, il y a deux voies, deux manières de poser et de résoudre les problèmes : une voie prolétarienne et communiste, l'autre bourgeoise et révisionniste. La première libère la créativité des masses, les rend protagonistes de la lutte de classe. La seconde livre les masses désarmées à l'ennemi, au patron ; et celui-ci ne reste pas les bras croisés mais exploite toute occasion qui lui est offerte pour combattre, diviser et abuser les prolétaires.

Il y a chez beaucoup de camarades la conviction que ces problèmes sont étrangers à la lutte de classe, ou du moins secondaires par rapport à un terrain privilégié qui serait aujourd'hui la lutte d'usine et, dans un avenir plus ou moins lointain, la lutte armée. C'est faux.

C'est faux parce que cette conviction naît d'une conception schématique, livresque et économiste, selon laquelle la lutte de classe ou la « politique » sont des choses séparées de la vie.

C'est faux par rapport à la manière dont s'exerce concrètement le pouvoir des patrons qui tirent précisément de la « société », de la façon dont ils ont organisé la vie des prolétaires, la force d'imposer leur domination dans l'usine et par l'Etat.

C'est faux par rapport à la conscience et au comportement des masses qui donnent autant, sinon plus d'importance à leur vie sociale qu'à leur travail.

Bien sûr, il existe une manière et une orientation par lesquelles se développe l'autonomie prolétarienne, laquelle part du point où les rapports d'exploitation sont les plus directs et immédiats et y trouve la force nécessaire pour investir tous les autres domaines.

C'est la raison pour laquelle, dans la lutte de classe, l'hégémonie et la direction politique reviennent à la classe ouvrière qui a la relation la plus directe et la plus brutale avec l'exploitation capitaliste.

Mais cela ne veut pas dire que tout le reste n'est pas important et décisif pour le développement d'un processus révolutionnaire.

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LES PROLÉTAIRES DOIVENT SE TRANSFORMER AVANT MÊME DE PRENDRE LE POUVOIR

D'autres camarades pensent que ces problèmes sont importants, bien sûr, mais que cela n'a pas de sens de les aborder avant la prise du pouvoir.

Aujourd'hui, selon eux, toute initiative dans ces domaines, ne peut que déboucher sur le réformisme, c'est-à-dire sur une manière différente et moins contradictoire d'organiser l'exploitation et la domination de classe.

Cela aussi est faux. C'est vrai seulement si l'on pense qu'aborder ces problèmes, c'est les résoudre, adopter des solutions dans lesquelles les prolétaires trouvent la satisfaction de leurs besoins et qui atténuent, au lieu de les accentuer, les contradictions qui les opposent à la société capitaliste.

C'est le rêve éternel du réformisme : une exploitation dont toute le monde soit satisfait.

Mais c'est faux si nous comprenons qu'affronter ces problèmes, c'est les englober dans la lutte de classe, élargir la conscience qu'ont les prolétaires de leurs intérêts, séparer les solutions bourgeoises et individualistes des solutions prolétariennes et communistes, accroître l'autonomie des prolétaires face aux patrons.

Tant qu'il y aura des patrons, tant que l'exploitation subsistera, jamais les prolétaires ne seront « bien » et aucune lutte, ni à l'usine ni sur le plan social, ne pourra aboutir à une amélioration substantielle de leur condition, à une amélioration qui ne soit précaire et partielle.

C'est pourquoi toutes les luttes doivent être appréciées en fonction de la force, de la conscience, de l'unité, de l'autonomie que les prolétaires y acquièrent, c'est-à-dire en fonction des pas en avant effectués en direction de la prise du pouvoir.

Ce qui, pour nous, est fondamental dans le programme « prenons la ville », c'est qu'il ouvre une seconde phase : il représente l'unique direction dans laquelle peut se développer l'autonomie prolétarienne (c'est-à-dire l'unité, la force et la conscience communiste du prolétariat), tandis que le pouvoir des patrons est réduit et rendu plus précaire (c'est-à-dire que leur capacité d'intervenir dans notre vie diminue).

C'est seulement de cette manière que l'on peut espérer créer un point d'appui organisationnel et politique pour la défense duquel les prolétaires se voient contraints à un affrontement armé avec les patrons.

L'accroissement de l'autonomie prolétarienne dans tous les domaines de la vie sociale est une phase nécessaire et une voie obligatoire pour que se créent les conditions de la lutte armée, pour que le problème de la prise du pouvoir ait une base de départ.

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LES « BASES ROUGES »

Construire une "base rouge" dans la société capitaliste ne peut vouloir dire, comme en Chine, au Viêt-nam et dans bien d'autres pays où la révolution a triomphé ou est en train de triompher, soustraire des zones au contrôle militaire de l'ennemi et y ouvrir la voie à la construction d'un pouvoir alternatif.

Les conditions historiques et sociales dans lesquelles se déroule la révolution en Europe sont différentes, et une chose de ce genre est impensable pour nous.

Mais la construction de « bases rouges », c'est-à-dire d'arrières politiques et organisationnels à partir desquels développer la lutte armée, est indispensable pour quiconque voit la révolution comme une « guerre du peuple », comme un processus de longue durée et non pas comme un soulèvement insurrectionnel qui attend la crise du pouvoir bourgeois au lieu de la provoquer.

Construire une « base rouge » dans la société capitaliste ne veut pas dire éliminer toutes les interférences du pouvoir bourgeois sur celle-ci, mais les réduire toujours plus jusqu'à contraindre les patrons à n'exercer ces interférences que sous la forme brutale et découverte de l'occupation militaire, toute forme de contrôle politique, idéologique et même économique se heurtant à la force organisée de tous les prolétaires.

C'est à partir de ce niveau que le problème de l'auto-défense débouche, pour les prolétaires, sur celui de la destruction de l'appareil répressif de l'Etat et de l'impérialisme qui se trouve absorbé toujours plus dans une tâche qu'il ne parvient pas à assumer.

Cette « base rouge », cet arrière de la lutte armée ne peut être l'autonomie ouvrière dans les formes dans lesquelles elle s'est développée jusqu'à ce jour, c'est trop peu pour que les prolétaires éprouvent le besoin de prendre les armes pour la défendre.

Elle est trop précaire pour résister à toutes les attaques que lance le patron en faisant usage du pouvoir qu'il a sur toute la société ; elle est trop limitée, comparée aux forces prolétariennes que la révolution devra mobiliser pour vaincre.

 

II. - LUTTE OUVRIÈRE ET LUTTE SOCIALE

Le programme « prenons la ville » pose le problème du rapport à établir entre la lutte ouvrière - telle qu'elle s'est exprimée jusqu'ici et telle qu'elle peut se développer - et la lutte de classe sur le terrain social.

On nous a reproché de vouloir abandonner le terrain des luttes d'usine, centre de gravité de l'offensive prolétarienne, en faveur d'un programme fumeux de lutte sociale infiniment plus pauvre dans ses contenus. Ces reproches sont faux.

C'est dans les usines que se réalise l'unité de la classe ouvrière.

La lutte d'usine, l'attaque contre la production restent pour nous la base et la condition indispensable de tout développement ultérieur de la lutte de classe ; et il en sera ainsi jusqu'à la prise du pouvoir. Cela pour deux raisons fondamentales :
C'est dans l'usine avant tout que se réalise l'unité de la classe ouvrière et que se présentent les conditions d'une direction ouvrière - c'est-à-dire d'une force sociale en antagonisme total avec la façon dont est organisée la société capitaliste - sur tout le reste du prolétariat.
Si la classe ouvrière perd du terrain ou se laisse diviser dans l'usine, elle ne pourra pas non plus être unie dans la société ni, a fortiori, imposer sa direction aux autres prolétaires.

L'attaque contre la production ruine le pouvoir patronal.

La lutte d'usine, l'attaque ouvrière contre la production sont décisives pour qui veut établir un nouveau rapport des forces dans l'ensemble de la société.

La lutte d'usine paralyse le développement capitaliste, détruit les possibilités d'accumulation du capital, réduit la liberté de manoeuvre des patrons, met en crise leur domination de classe en s'attaquant à sa racine : l'exploitation du travail salarié.

Dans tous les domaines, elle ouvre un champ immense à l'initiative du prolétariat : car le terrain que les patrons sont contraints à céder dans les usines pourra être occupé et exploité, mais aussi longtemps seulement qu'il leur sera interdit de rétablir leur pouvoir sur la classe ouvrière.
Pour deux raisons fondamentales au moins, l'usine doit donc demeurer au centre de nos préoccupations et de notre travail politique. Mais il nous faut comprendre aussi que si la lutte ouvrière ne déborde par le cadre de l'usine, la lutte d'usine risque d'être asphyxiée et de perdre le rôle que nous voulons lui voir jouer. Et cela pour deux raisons au moins:

Les patrons veulent battre les ouvriers sur le plan politique.

En premier lieu, les patrons semblent se désintéresser de la reprise immédiate de la production.

Ils sont aujourd'hui disposés à perdre des milliards et à se servir de la crise pour infliger une défaite à la classe ouvrière, pour en détruire l'autonomie, pour en casser l'organisation interne, pour rétablir le pouvoir despotique de la hiérarchie sans lequel l'usine capitaliste ne fonctionne pas.

Pour tenir tête à cette attaque patronale, il faut que les usines et leurs luttes cessent d'être isolées ; elles rompront leur isolement grâce, d'une part, à des liens directs et de masse entre les différents secteurs de la classe ouvrière ; d'autre part, en offrant aux ouvriers qui se battent dans les usines une perspective qui aille au-delà des luttes qu'ils ont déjà menées et des objectifs qu'ils ont déjà adoptés ou qu'ils savent ne pouvoir imposer que dans le cadre d'un affrontement plus général.

 

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Seul un programme général peut consolider une organisation ouvrière de masse.

En second lieu, l'organisation de masse des ouvriers à l'intérieur des usines, indispensable pour défendre et développer le niveau d'autonomie qu'ils ont déjà atteint, ne peut croître que si elle se donne une perspective plus vaste.

C'est dans la mesure seulement, où ils savent utiliser l'unité et la force forgées dans l'usine dans une lutte embrassant tous les aspects de leur condition d'exploités, que les ouvriers ressentiront le besoin et l'importance d'une meilleure organisation, d'une attaque qui, partant des usines, ne vise pas seulement leur propre patron mais investit des objectifs plus généraux. (C'est là ce qui commence à se produire avec les luttes des « pendolari » [habitants des banlieues et cités-dortoirs contraints à des trajets quotidiens d'autant plus longs et coûteux que les transports collectifs sont misérables ou inexistants] de Milan et de Turin, par exemple, luttes qui sont souvent organisées directement à l'usine.)

Tels sont les thèmes sur lesquels peuvent se développer et se consolider les organismes de masse dans les usines et l'action d'avant-garde que nous accomplissons au sein de ceux-ci. Si nous n'attaquons pas ces problèmes, les organismes de masse restent une réalité épisodique : ils fonctionnent et se développent dans les moments de lutte ouverte mais sont voués à dépérir et a refluer dès que la lutte s'arrête.

 

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Les objectifs ouvriers de l'usine à la société.

Le rapport entre usine et société implique les contenus de toute la lutte de classe ; c'est en diffusant et en développant les contenus qui s'expriment dans l'autonomie ouvrière que l'on étend la direction ouvrière à toutes les luttes sociales et donne à celles-ci une orientation anti-capitaliste, révolutionnaire et communiste, orientation sans laquelle elles risquent constamment d'être exploitées par les révisionnistes et par les bourgeois, voire par les fascistes.

Les grèves organisées pour réclamer les réformes, la révolte de Reggio Calabria montrent comment la combativité du prolétariat peut être utilisée contre les ouvriers lorsqu'elle est dépourvue d'autonomie et de direction politique.

 

La classe ouvrière et la direction politique dans la lutte de classe.

Mais le rapport entre lutte d'usine et lutte sociale n'est pas seulement une question de contenus. La question est avant tout de savoir qui est le protagoniste de la lutte.

Ce sont les ouvriers qui constituent la colonne vertébrale d'une organisation prolétarienne, dans les quartiers et dans le pays, capable de diriger la lutte sociale et de lui donner une continuité, d'y investir toute l'expérience et l'autonomie acquises dans l'usine, de relier entre elles les différentes luttes en se servant pour cela de l'usine.

Et ce sont les ouvriers immigrés, les ramifications de leurs familles et de leurs amitiés, leurs déplacements d'une ville à l'autre à travers l'Europe qui constituent le lien le plus puissant entre les luttes prolétariennes, le facteur de généralisation et d'unification des thèmes de lutte entre le « nord industrialisé » et le « sud sous-développé ».

La classe ouvrière immigrée a été durant toutes ces années le foyer central de toute la lutte de classe.

 

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Objectifs prioritaires d'un programme.

Ce lien très étroit entre lutte d'usine et luttes sociales nous permet de fixer des échéances et des priorités dans notre programme « prenons la ville »; de ne pas considérer ce programme comme un fourre-tout donnant la même importance à tous les problèmes ; de ne pas glaner au hasard des occasions et des exemples de luttes sociales mais de distinguer au sein de celles-ci des protagonistes effectifs, une logique, une ligne de développement partant des problèmes qui, aujourd'hui, sont à la portée de l'initiative ouvrière, pour s'étendre progressivement à tous les autres domaines.

Nous sommes contre le « travail de quartier » fait au petit bonheur et qui consiste à s'implanter dans un endroit donné et d'aller à la pêche des occasions de lutte.

Nous sommes contre l'agitation et la propagande autour de certains thèmes - comme, par exemple, la « liberté sexuelle » et la libération de la femme - non seulement parce que leurs contenus sont le plus souvent abstraitement intellectuels et bourgeois mais surtout parce qu'ils ne tiennent pas compte des protagonistes réels de cette lutte, qui sont les masses prolétariennes dans la mesure où elles trouvent dans la classe ouvrière une direction politique effective et un pôle organisationnel.

Il y a une façon toute intellectuelle - ou paternaliste, selon les cas - de faire face à ces problèmes et il y a d'autre part une façon prolétarienne. Et celle-ci consiste à tenir compte des protagonistes de la lutte de classe, à savoir mesurer à chaque moment leur capacité d'initiative et leurs besoins les plus urgents, à savoir évaluer les forces disponibles, bref à regarder les problèmes avec les yeux des prolétaires eux-mêmes.

 

Karl Marx

 

Contre le réformisme.

En troisième lieu, le programme « prenons la ville » soulève la question de notre attitude face à la politique des réformes et, plus généralement, du réformisme. La lutte ouvrière d'usine est déterminante pour l'établissement d'un rapport des forces entre prolétaires et patrons, mais elle n'est pas en mesure de couvrir tous les rapports d'exploitation et d'oppression sur lesquels se fonde la société capitaliste.

En en donnant des interprétations différentes, tantôt « de gauche » - quand les réformes sont conçues comme un moyen de mettre en crise les mécanismes de l'Etat bourgeois - et tantôt « de droite » - quand les réformes sont considérées comme un moyen d'ajuster la politique du pouvoir aux besoins des masses - le mouvement ouvrier a plus d'une fois proposé une politique de réformes qui était censée couvrir les terrains de la lutte de classe au dehors des usines et des lieux de travail.

Révolutionnaires et réformistes se sont trouvés d'accord pour mobiliser les masses autour du thème des réformes : les premiers utilisaient ces thèmes comme moyens d'agitation, les seconds utilisaient la mobilisation comme un argument dans la négociation.

Encore maintenant ce problème resurgit continuellement, au sein de la gauche révolutionnaire italienne, de manière plutôt confuse : il s'agit d'un problème qui - tout comme celui de l'attitude envers le syndicat, le parlementarisme, la nécessité de la lutte armée - doit être clarifié en traçant des lignes de démarcation précises.

Les masses luttent et les patrons décident.

Car tant dans sa version « de gauche y que dans sa version « de droite », la politique des réformes a un aspect fondamental : elle enlève l'initiative directe aux masses et transporte l'affrontement entre prolétaires et patrons sur un terrain où les masses n'ont aucune possibilité de gérer leur propre lutte, remettant ainsi l'initiative entre les mains des patrons, des bureaucrates et de l'Etat.

A cela on objecte que l'objectif des réformes vaut dans la mesure où il est porté par une mobilisation de masse et où les masses sont directement partie prenante dans son élaboration ; de cette façon, dit-on, il est possible de faire croître une organisation aux ramifications multiples prenant racine là où les masses vivent leurs contradictions quotidiennes.

Voilà ce que disent aussi bien les réformistes que beaucoup de révolutionnaires. Mais cette conception relève d'une vision de la lutte de classe dans laquelle l'initiative des masses se borne à exercer une pression - qui peut aller jusqu'à la rupture ouverte - sur les institutions du pouvoir bourgeois ; l'on ne conteste pas à l'Etat bourgeois le droit et le pouvoir de décider la façon dont les masses doivent vivre et satisfaire leurs besoins. Les masses luttent et les patrons décident.

La lutte ouvrière ne peut être mesurée par les objectifs qu'elle réussit à atteindre.

 

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La façon dont la lutte ouvrière - et pas ouvrière seulement - s'est développée jusqu'ici nous prouve que les choses ne se passent pas ainsi.

La liberté et le pouvoir que les ouvriers ont conquis, au cours de ces dernières années, dans les usines, ne découle pas d'un nouveau système contractuel ni d'une nouvelle forme d'organisation que les patrons auraient été contraints à appliquer - comme voudraient le faire croire les syndicalistes, les réformistes et les théoriciens du contre-pouvoir - mais du fait que les ouvriers se sont changés eux-mêmes, qu'ils ont non seulement des idées beaucoup plus claires au sujet de leurs intérêts et des mécanismes sur lesquels repose le pouvoir des patrons, mais qu'ils ont plus d'audace, plus d'initiative, plus de liens entre eux, plus d'expérience, une plus grande capacité d'agir et de lutter collectivement : c'est là qu'est leur force.

Les objectifs pour lesquels ils se sont battus ont servi à leur renforcement politique et organisationnel non pas parce que les patrons les ont accordés - ils n'ont rien accordé du tout - mais parce qu'ils ont été un formidable moyen d'unification de masse.

Les concessions que le patron a faites, les changements qu'il a effectués dans l'usine et dans la structure des salaires ne représentent pas en eux-mêmes une victoire ouvrière : ce ne sont jamais que des tentatives de rétablir à un niveau différent le contrôle sur la classe ouvrière ; c'est là leur but.

Toutes les tentatives d'imposer à travers un accord une nouvelle organisation de la vie dans l'usine ou une nouvelle organisation du travail se sont révélées bientôt des pièges patronaux destinés à détruire la force que les ouvriers avaient conquise : la triste fin qu'ont connue les délégués est typique à cet égard ou, pire encore, l'exemple de la plate-forme syndicale de la Fiat, qui devait imposer « une nouvelle façon de construire des voitures ».
Cela ne signifie évidemment pas que nous sommes contre les luttes et les mobilisations pour des objectifs généraux, où la partie adverse n'est pas un patron particulier ni l'ensemble des patrons mais l'Etat et le gouvernement bourgeois.

Les objectifs clairs et généraux ont toujours été le plus puissant instrument dont disposent les prolétaires pour unifier et généraliser la lutte. Mais nous savons qu'à eux seuls les objectifs ne suffisent pas à faire croître la force et l'autonomie du prolétariat. L'enjeu de toute lutte est la capacité des prolétaires à étendre leur initiative, à faire les choses par eux-mêmes, à prendre ce qu'ils veulent.

Tel est, sur le terrain social également, le critère selon lequel nous évaluons le développement de l'autonomie prolétarienne.

Les exemples dont nous disposons sont éloquents. Les luttes des prolétaires pour faire baisser ou ne pas payer les loyers, pour occuper les immeubles ; pour faire baisser ou ne pas payer les prix des transports ; les luttes pour occuper des zones vertes ou contre la pollution, les nuisances, la ghettoïsation de quartiers entiers ; les luttes étudiantes pour utiliser l'école comme centre d'organisation et de discussion ouvert à tous les prolétaires ; les mobilisations de masse pour chasser les fascistes et détruire leurs locaux, toutes ces actions, si épisodiques et limitées soient-elles, sont des pas infiniment plus importants vers l'émancipation des prolétaires que toutes les manifestations et initiatives organisées d'en haut et même que les grèves pour les réformes, et doivent leur importance et leur utilité non pas, certes, à leurs objectifs mais au fait que les prolétaires se sont trouvés unis dans les luttes et ont pu prendre conscience de leur force.

 

relanceur de bombes lacrymo

 

III. PRENONS LA VILLE

Que signifie alors « prenons la ville » ?

Comment cette position doit-elle se refléter dans l'organisation de notre travail ?

La propagande à l'usine et les noyaux d'une organisation prolétarienne autonome.

Avant tout, il faut savoir profiter de la lutte d'usine, des occasions qu'elle offre continuellement pour commencer par poser, discuter et propager ces thèmes et les objectifs qui les traduisent, au fur et à mesure qu'ils prennent une actualité pour les ouvriers dans leur lutte.

Il en va ainsi du problème des prix, de la hausse continuelle du coût de la vie, du logement, des loyers lesquels représentent le prélèvement le plus important sur le salaire ouvrier, du transport qui ne grève pas seulement le salaire mais allonge aussi la journée de travail.

Et il en va ainsi de l'école, de la qualification professionnelle et des différences de salaires entre ouvriers et employés ; du rapport entre jeunes et anciens, entre ouvriers, entre gens du nord et immigrés et des différentes raisons qui poussent ou retiennent les uns et les autres à lutter, raisons qui sont un réel facteur de division de la classe ouvrière.

II en va encore ainsi du problème des fascistes et de la nécessité de l'auto-défense, du problème de la violence pendant les luttes, de la nécessité de démasquer, de juger publiquement et de frapper les chefs, les jaunes de toutes sortes, la hiérarchie de l'usine qui sont autant d'instruments directs de l'oppression de classe.

Il en est de même des réformes, de la tentative d'opposer l'initiative de l'Etat et de la bourgeoisie à la volonté qu'ont les masses de faire face à tous leurs problèmes par la lutte.
Il en est ainsi du problème de la santé qui ne se pose pas seulement à l'usine mais aussi au dehors, pour nos femmes et nos enfants et renvoie au problème de notre alimentation, de notre mode de vie, du pouvoir des médecins sur nos corps.

Il en va ainsi du problème de l'information, de la presse bourgeoise et de la TV, etc.

Tous ces problèmes doivent être discutés en partant des exigences de la lutte à l'usine, de ses contenus et de ses objectifs, en commençant par distinguer les solutions des patrons et celles des prolétaires.

Ces discussions n'auront évidemment pas une portée immédiate mais elles s'accumuleront dans la conscience des prolétaires et ne tarderont pas à revenir à la surface sitôt que l'occasion s'en présentera.

 

La liaison entre les luttes.

En second lieu, il s'agit d'être présents, d'orienter et de relier entre elles les initiatives que les ouvriers prennent spontanément à l'extérieur de l'usine : par exemple les luttes des usagers des transports et certaines luttes contre les loyers, les occupations d'immeubles, etc,.

Toutes initiatives qui ont été organisées directement à l'usine ou qui reflètent le degré d'autonomie, de confiance en soi que la lutte d'usine a produit.

Relier les luttes veut dire organisation, généralisation, propagande sur les mêmes thèmes. Ce sont là les premiers exemples d'organisation ouvrière autonome dépassant les murs de l'usine, la colonne vertébrale d'une organisation ouvrière territoriale à venir.

Mais relier les luttes veut dire avant tout utiliser l'usine comme caisse de résonance de ces luttes ; comprendre que celle-ci est le terrain où certaines initiatives peuvent être comprises et généralisées ; voir que le plus souvent c'est à l'usine, dans l'accueil que les ouvriers font à certaines luttes, que réside la puissance de celles-ci et l'impossibilité pour le patron de les briser.

 

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La liaison entre usines.

En troisième lieu, il s'agit d'organiser des liens stables entre usines dont les fils soient directement entre les mains des ouvriers.

L'intervention aux portes des autres usines, le contact avec une réalité ouvrière différente sont la première forme de l'engagement propre des ouvriers eux-mêmes, de l'action militante de masse à l'extérieur.

Tous en ressentent fortement le besoin aujourd'hui, car l'isolement des luttes est l'obstacle le plus immédiat que doit surmonter la classe ouvrière. L a liaison territoriale.

Mais la forme la plus stable et durable de liaison est assurée par la capacité des ouvriers d'une même usine et de différentes usines de se réunir, de s'organiser sur le plan territorial pour faire face, avant tout, à leurs propres problèmes, et c'est là aussi le seul moyen de gagner à l'organisation, au travail politique et au travail militant une masse énorme d'ouvriers qui ne peuvent s'arrêter à la sortie de l'usine.

L'ouverture de sièges ou même simplement le choix de lieux de réunions réguliers est une condition indispensable pour récolter les fruits, sur le plan organisationnel, d'un « travail de porte » qui risque autrement de ne pas laisser de trace durable.

Il s'agit là aussi d'un moyen fondamental d'offrir un pôle de référence à l'immense masse d'ouvriers et de prolétaires des petites entreprises qui ne peuvent organiser de luttes spécifiques sur leurs lieux de travail ou n'y parviennent que très difficilement, mais sont disponibles pour la lutte et pour l'organisation et qui peuvent finalement trouver, par leur lien avec les ouvriers et les luttes des grandes usines, leur champ d'initiative autonome.

Enfin, c'est là le moyen d'offrir aux étudiants un lien direct avec les prolétaires des quartiers qu'ils habitent, de sorte que leur travail en dehors de l'Ecole puisse être, dès le départ, non pas une initiative extérieure par rapport à la masse, mais une action se développant sur la base d'une connaissance réelle des problèmes et des luttes prolétariennes.

Là où la classe ouvrière n'est pas la force hégémonique.

Dans la ville ou dans les quartiers où il n'y a pas d'usines ou où la classe ouvrière ne peut être de façon directe le pôle de référence de tous les prolétaires, ces noyaux d'organisation prolétarienne autonome naissent et se développent par la liaison entre les avant-gardes des luttes prolétariennes - luttes pour le logement, contre les conditions de transport, mais aussi mobilisations anti-fascistes, batailles de rues, etc. - parce que la liaison avec la classe ouvrière n'est pas immédiate et que l'usine n'est pas le terrain d'unification des expériences.

Le travail de discussion, d'éducation, de clarification des perspectives de la lutte de classe doit alors nécessairement avoir un champ beaucoup plus étendu.

 

Manifestation Milan

 

Les sièges.

Avoir un siège, un lieu fixe où se retrouver est une chose indispensable non seulement pour nous-mêmes, pour nous enraciner de plus en plus profondément dans une situation locale, mais surtout pour les masses qui ont besoin d'un centre auquel se référer pour lotis les problèmes qu'elles rencontrent, où elles puissent se rencontrer, se connaître, passer leur temps libre, et aussi apprendre à se divertir de façon différente, non bourgeoise.

Sans ce réseau de contacts et de liens il ne peut y avoir d'organisation prolétarienne autonome. C'est pourquoi ces sièges territoriaux, s'ils doivent fonctionner, doivent être entre les mains des masses - et entre les nôtres seulement dans la mesure où nous sommes complètement enracinés et intégrés dans la masse - financés, gérés et utilisés par les prolétaires pour tous leurs besoins. Il n'y a pas d'activités privilégiées réservées au siège et d'activités privées qui en sont bannies.

Les sièges ne doivent pas servir seulement de lieux de réunion et de discussion mais aussi pour faire des choses : organisation de la contre-information - tracts, journaux prolétariens, affiches, pancartes - activités culturelles, livres, journaux projections, cours et débats.

Les activités qui peuvent sembler « paternalistes » ne le sont que si elles sont organisées d'en haut et non sous le contrôle, par la force et le concours directs de tous : écoles maternelles, cours de rattrapage ou de perfectionnement, crèches, infirmeries prolétarien tics, assistance juridique, collectes, toutes ces activités doivent être accomplies au siège, ou à l'intérieur de l'organisation prolétarienne, avec le concours direct des prolétaires.

Le siège doit aussi être un lieu de détente. Nous n'y installerons jamais une machine à sous mais nous sommes tout à fait d'accord pour que garçons et filles y viennent pour se rencontrer, faire connaissance et organiser leurs fêtes.

De même les anciens, dont cette société ne sait que faire et dont elle souhaite qu'ils meurent le plus vite possible, peuvent trouver en notre siège un lieu pour se réunir, se rendre et se sentir utiles et surtout pour mettre enfin à la disposition des jeunes leur capital d'expérience que les patrons aimeraient faire oublier au plus vite.

L'enquête.
Nous ne devons pas faire les enquêtes nous-mêmes mais les confier aux masses, car c'est leur expérience, leur vie quotidienne à l'usine et dans les quartiers qui doit fournir les critères pour distinguer les ennemis et permettre de réunir pour chaque groupe, chaque famille, chaque individu les éléments nécessaires à la définition de sa position de classe et à son mode d'insertion dans la lutte.

Par l'enquête et par l'action dont celle-ci doit fournir la matière, la vie d'un quartier, d'une usine, d'une école doit tomber dans le domaine public, tous doivent sentir sur eux les yeux des prolétaires, savoir qu'ils peuvent compter sur ceux-ci pour toute cause juste et qu'ils doivent les redouter s'ils se rendent coupables.

A quoi sert l'enquête ? A identifier la « gauche », les couches, groupes et individus les plus combatifs, ceux qui vivent les contradictions les plus fortes, d'un côté, et d'un autre côté à isoler les ennemis, les chefs, les parasites, les exploitateurs, les jaunes, les agents de l'ennemi. Pour pouvoir dénoncer publiquement ceux-ci, il s'agit de tracer une ligne de démarcation nette entre amis et ennemis.

 

lotta continua

 

Dénonciation et justice populaire.

L'enquête n'a aucun sens si elle reste confinée dans un groupe restreint. La dénonciation systématique des conditions d'oppression dans lesquelles vivent les prolétaires et des instruments de leur exploitation - en descendant jusqu'aux cas individuels - est la, méthode la plus efficace pour arracher les prolétaires à leur isolement, pour leur faire comprendre qu'ils peuvent compter sur quelqu'un qui connaît et partage leur sentiment et qu'ils sont dans la voie juste s'ils luttent et apprennent à corriger leurs erreurs.

Une action de dénonciation systématique de l'ennemi de classe doit viser les patrons et ceux qui gouvernent et englober toute l'armée de leurs serviteurs et parasites : chefs d'équipe, chefs d'atelier, hommes de main, jaunes, tauliers, négociants, firmes et entreprises qui exploitent le peuple, juges, professeurs, instituteurs, maires et conseillers communaux (professionnels de la politique), fonctionnaires du parti, syndicalistes, dirigeants et jusqu'aux individus qui habitent les quartiers et les maisons des prolétaires mais ne font pas partie du prolétariat.

De la sorte, les prolétaires apprennent à distinguer leurs propres intérêts et à ne pas les confondre avec ceux de leurs exploiteurs ; de la sorte, on interdit à l'ennemi de classe aux cent visages de s'abriter derrière le mur de silence, de mystère et d'esprit de clan qui entoure ses actions.

On le force à se montrer à découvert, a avoir peur, à perdre l'initiative.

Manifestes, inscriptions sur les façades - celles de leurs maisons - tracts, journaux prolétaires, brochures et assemblées exposant leurs méfaits et leur vie privée doivent être les instruments de cette action quotidienne et doivent avoir pour résultat que les murs d'une entreprise, d'une école, d'un quartier, les choses dont parlent les prolétaires qui y vivent, prennent finalement une coloration de classe.

Sitôt que tout cela sera fait systématiquement, les prolétaires eux-mêmes prendront l'initiative et fourniront spontanément les matériaux et les informations qui permettront d'aller de l'avant.

C'est pourquoi il est nécessaire que cette action ne soit pas désordonnée, qu'elle se concentre périodiquement sur des initiatives spectaculaires comme des procès publics faits par les masses aux principaux responsables du notre exploitation ou à une catégorie particulière de ceux-ci, par exemple les chefs dans les usines.

C'est sur cette base seulement qu'une lutte juste et nécessaire contre le parlementarisme et les élections peut trouver les moyens d'aller de l'avant. Car une campagne anti-électorale ne peut être menée seulement sur la base de principes abstraits ; et ne pas la mener signifie ne pas s'attaquer à l'un des principaux instruments d'oppression et d'exploitation : le système de clientèle sur lequel s'appuie la politique bourgeoise.

Identifier, dénoncer et isoler les institutions, les intérêts matériels et les personnes qui font partie de l'appareil de l'Etat bourgeois et organisent l'adhésion à celui-ci - des fascistes aux révisionnistes - est une condition indispensable pour tracer une ligne de démarcation entre l'ennemi et nous, et pour amorcer une analyse concrète des bases sociales du révisionnisme.

 

Italie manifestation prolétarienne

 

L'Assemblée prolétarienne.

En plus du siège, les prolétaires doivent disposer d'un instrument de classe dans lequel ils puissent se reconnaître et auquel ils puissent se référer. C'est pourquoi il faut que, partout ou nous travaillons, l'habitude soit établie de tenir périodiquement et à date fixe des assemblées où la parole soit donnée aux masses.

Peu importe si, au début - ou même pendant longtemps - peu de gens se rendent à ces assemblées dont la convocation doit être l'objet du maximum d'efforts. Ce qui importe, c'est que l'assemblée ait toujours lieu, à date fixe, et que les prolétaires soient informés de ce qui s'y dit.

A mesure que notre travail progresse ils apprendront à la considérer comme un moyen qui leur est offert pour exprimer leurs besoins, pour faire leurs propositions, pour s'éclaircir les idées.

Donner la parole aux masses n'est pas chose simple. Des siècles d'oppression leur ont désappris à s'exprimer en public, à écouter ce que disent les autres, à discerner le coeur des problèmes.

Pour aider les masses à s'exprimer, il faut que les assemblées soient dirigées, qu'elles soient centrées sur un problème et qu'elles se terminent par une décision qui engage tout le monde ou, au moins, par une clarification.

Deux écueils doivent être évités : l'assemblée ne doit pas être une succession désordonnée d'interventions isolées consacrées à des problèmes divers et individuels ; et la nécessité de tirer des conclusions ne doit pas la transformer en une manifestation à sens unique dans laquelle les nouvelles interventions seront étouffées sous un plan préétabli.

Dans une réunion on peut dire beaucoup plus de choses - et des choses parfois plus justes - que dans une assemblée ; mais elle n'ont pas la même portée.

Le but d'une assemblée est d'apprendre aux masses à s'exprimer et à décider, à se sentir les protagonistes et à se rendre compte que leurs problèmes sont importants pour tout le monde.

L'assemblée de quartier est le lieu où des prolétaires de condition différente - ouvriers, étudiants, employés, femmes, chômeurs, ouvriers travaillant ailleurs que dans les usines - peuvent se rencontrer, prendre conscience de leurs problèmes respectifs, discerner ce qu'ils ont en commun et ce qui les divise, préparer le terrain et élaborer des objectifs pour des luttes communes.

A défaut d'un moyen d'auto-éducation de ce genre, chaque prolétaire n'aura jamais de la société et du prolétariat lui-même qu'une connaissance de seconde main.

L'assemblée est, en outre, le principal instrument dont disposent les prolétaires pour contrôler la vie du quartier, pour dénoncer ou approuver chacune des initiatives qu'on y prend.

C'est pourquoi il importe que les prolétaires apprennent à reconnaître l'assemblée comme leur légalité, comme le lieu où ils décident ce qui est juste et ce qui n'est pas juste.

 

L'auto-défense.

Les heurts de plus en plus fréquents avec la police et, surtout, les mobilisations prolétariennes contre les fascistes - pour les chasser et détruire leurs sièges - nous montrent à quel point les masses prolétariennes sont déjà prêtes à l'action directe.

Ce potentiel d'intervention ne doit pas se manifester au gré du hasard ou de la pure spontanéité ; dès maintenant, il faut l'organiser, le discipliner et le développer au maximum, de manière à lui donner une continuité et une direction politique.

Car pour beaucoup de jeunes et beaucoup de prolétaires la lutte de classe est comprise avant tout comme un recours à la force. Il ne s'agit pas là d'une erreur ou d'une déformation : mais d'un aspect fondamental de la spontanéité des masses qui doit être comprise et organisée politiquement.

Offrir aux prolétaires d'une usine, d'une école, d'un quartier la possibilité de s'organiser militairement est une tâche indispensable : cette organisation ne doit pas être une force brute « au service » d'une ligne politique qui lui demeure étrangère, mais une des formes par lesquelles prend corps l'autonomie et la conscience de classe des masses.

C'est à nous de la promouvoir et d'y être totalement impliqués pour lui donner une orientation politique juste.

Le recours à la force ne peut avoir, chez les prolétaires, qu'un caractère défensif ; la question de la destruction de l'appareil répressif de l'Etat - destruction qui est la tâche de la guerre révolutionnaire - n'est pas et ne peut pas être à l'ordre du jour.

Mais cela ne signifie pas que l'on se défend seulement lorsqu'on est attaqué.

Se défendre veut dire qu'il faut sauvegarder par la force notre autonomie, notre liberté de nous organiser, la possibilité de prendre des initiatives à la mesure de la capacité de mobilisation des masses ; et pour ce faire, il nous faut nous organiser sur ce plan-là également.

Il y a toute une gamme d'objectifs en vue desquels peut se développer aujourd'hui une organisation permanente de masse, base nécessaire d'une future armée prolétarienne : auto-défense - et offensive - contre les groupes fascistes ; service d'ordre dans les manifestations ; organisation de la défense contre les perquisitions et les arrestations dans les quartiers ; expéditions punitives contre les ennemis du peuple dénoncés et identifiés publiquement...

 

Communiste

 

La solidarité active.

Les prolétaires doivent avoir confiance en leur propre force et pour cela ils doivent retrouver cette estime réciproque que le capitalisme cherche continuellement à saper.

Tout ce qui tend à mettre en valeur la personnalité des prolétaires, à ne pas les laisser galvauder leur créativité, leur intelligence, leur temps ; à leur permettre de se sentir utiles, à se mettre à l'oeuvre, à vaincre les difficultés du moment, à résister au chantage et à l'humiliation, tout cela - même s'il s'agit seulement d'actions limitées ou exemplaires - a la plus grande importance.

Aussi faut-il que, dans les usines, les écoles, les quartiers, il se crée un réseau de solidarité entre prolétaires, fondé sur des actes et non pas seulement sur des paroles.

S'organiser sur ce plan, cela veut dire faire des choses, avec persévérance, méthode et esprit de continuité : par exemple des collectes pour aider ceux qui en ont besoin ou pour éviter que des gens se vendent ou deviennent briseurs de grève parce qu'ils sont sur le point de crever.

Il y a aussi les dispensaires organisés par des camarades, pour montrer que l'on peut se guérir autrement qu'en s'humiliant jour après jour devant un médecin, ou pour commencer à analyser collectivement les causes de nos maladies.

Il y a l'assistance juridique pour nous éviter d'être escroqués par les patrons, par les aigrefins, par les assureurs, par l'Etat et même par les avocats, ou pour aider les prolétaires qui risquent de pourrir pendant des années en prison pour une vétille.

Il y a les crèches pour permettre aux femmes prolétariennes de consacrer un peu de temps à elles-mêmes et à la politique, de ne pas être enchaînées à leurs enfants et à leur foyer, de travailler et de gagner leur vie, et pour faire comprendre à tous, hommes et femmes, que l'on peut s'occuper des enfants de manière collective et communiste, pour le plus grand bien des enfants et des parents.

Il y a la possibilité donnée aux vieux de se sentir utiles et de faire profiter les autres de leur expérience, en enseignant l'histoire de leur vie.

Il y a les activités post-scolaires et les cours de rattrapage par lesquels les enfants - mais aussi les adultes - s'aident mutuellement à apprendre et choisissent eux-mêmes ce qu'il leur paraît important de savoir.

Il y a la possibilité offerte aux jeunes de lier connaissance, de ne pas être seuls, de trouver des amis avec lesquels s'amuser sans qu'il soit besoin pour cela de quitter le quartier.

Il y a les centres d'accueil pour organiser les prolétaires débarquant du sud et les aider à trouver un logement, un emploi, des amis, sans qu'ils aient besoin pour cela de subir l'escroquerie et l'exploitation politique à laquelle se livrent sur eux les chacals qui s'en occupent actuellement, etc.

Toutes ces initiatives ne peuvent être mises en train que lentement, en surmontant maintes difficultés et contradictions. Elles sont essentielles pour la lutte de classe, car elles substituent l'initiative consciente et collective des prolétaires aux solutions imposées par les patrons dans toute une série de domaines où la lutte de classe n'a pas pénétré jusqu'ici de manière consciente et organisée.

 

lotta continua

 

Les luttes.

Toutes ces initiatives ne sont pas des fins en soi ; elles servent à préparer les luttes, à les organiser, à les rendre continues et politiquement signifiantes afin de donner aux actions une base organisationnelle qui permette de consolider à tous les niveaux l'autonomie conquise par les ouvriers.

Tout comme la lutte d'usine, la lutte prolétarienne sur le terrain social a ses objectifs propres qui sont d'autant plus valables qu'ils sont plus généraux, unificateurs, égalitaires, antagonistes par rapport à la façon dont les patrons ont organisé la vie des prolétaires.

Beaucoup de ces objectifs ont déjà été clairement définis au cours des luttes prolétariennes de ces dernières années, mais ils peuvent être rendus plus précis encore et des objectifs nouveaux seront mis en avant à mesure que la lutte s'étend et que l'autonomie prolétarienne s'affirme dans tous les domaines.

Il ne peut y avoir de division de principe entre objectifs d'usine et objectifs sociaux car la lutte de classe ne petit être divisée en compartiments étanches.

Nombre des objectifs que les ouvriers ont mis en avant au cours des luttes d'usine ne peuvent être effectivement poursuivis que par une généralisation de l'affrontement, reliant les différentes usines entre elles et embrassant d'autres secteurs du prolétariat.

D'une façon plus générale, à mesure que l'autonomie du prolétariat se développe, on voit s'effacer et disparaître la distinction entre usine, société et « vie privée », distinction qui est un produit de la société capitaliste, une arme des patrons pour perpétuer leur domination.

 

étoile rouge

 

Quels sont ces objectifs ?

Les objectifs.

S'emparer des choses, ne pas se faire exploiter doublement, tel est l'objectif de la lutte pour le logement, de la grève des loyers, de l'occupation des immeubles vides, de la lutte pour les transports ou contre l'augmentation des tarifs, de la grève des tickets, des luttes étudiantes contre les frais de scolarisation ou pour transformer l'Ecole en centre d'organisation ; le nombre de mobilisations dans le sud contre le paiement de l'impôt ; les luttes ouvrières et étudiantes pour des cantines gratuites, etc.

Tel est aussi le sens de beaucoup de luttes ouvrières contre les heures supplémentaires, pour la réduction de la durée du travail, contre les cadences, contre la nocivité du milieu de travail. etc.

Tel est le sens d'une lutte contre la hausse des prix et la tentative d'affamer les prolétaires ; de la lutte pour imposer la distribution gratuite - ou à des prix décidés par les prolétaires - des produits de première nécessité, et cela non pas de manière anarchique, par des pillages faits au hasard, mais sous la forme de réquisitions ordonnées et continues pour lesquelles les prolétaires ne se sentent pas encore assez forts, mais qui sont pourtant inévitables.

Défendre son droit de vivre, ne pas le laisser dépendre des exigences des capitalistes. Tel est l'objectif de toutes les luttes que mènent les journaliers agricoles pour ne pas être rayés des listes d'embauche ; des luttes que mènent les paysans pour des prix garantis ; des luttes que mènent les chômeurs pour obtenir des allocations, pour obtenir que les fonds des organismes publics servent à garantir le salaire de tous ; des luttes des ouvriers mis en congé et qui revendiquent l'intégralité de leur ancien salaire ; des luttes des étudiants qui réclament le pré-salaire indépendant de leurs performances.

Tel est, sous sa forme la plus générale, l'objectif des ouvriers réclamant que leur salaire ne soit pas lié à la productivité ; mais la tentative de traduire cet objectif en la revendication du salaire unifié garanti à tous - ou salaire social, ou salaire politique, etc. - s'est révélée trop abstraite par rapport à la spécificité des situations réelles : il s'agit non pas d'un objectif unificateur mais d'un mot d'ordre en l'air.

Car la force des objectifs réside dans leur capacité à faire fond sur des situations concrètes ou sur des formes sur lesquelles les prolétaires savent pouvoir compter.

Défendre son temps, afin d'avoir du temps pour soi-même et non seulement pour les patrons. C'est là l'objectif de la réduction de la durée du travail, des luttes contre la lenteur des transports, contre les temps morts, contre les queues devant les guichets et les dispensaires, des luttes prolétariennes pour des services collectifs efficaces, pour des crèches, etc., des luttes étudiantes contre les programmes surchargés...

Défendre sa santé. Lutte contre la nocivité du travail d'usine, qui porte sur tout le processus de travail, car tout travail fait pour un patron est nocif; luttes dans les quartiers contre la pollution, la saleté, le bruit, les taudis; luttes pour des soins convenables dans les hôpitaux et les dispensaires; l'objectif des prolétaires est toujours de ne pas tomber malades plutôt que d'être mieux soignés pour leurs maladies.

La destruction systématique de leur santé, dans les usines et les quartiers, leur fait prendre conscience de leur exploitation et leur volonté de mettre au premier plan leur droit de bien vivre, d'être en bonne santé est l'aspect le plus fondamental de la contradiction qui les oppose à l'exploitation capitaliste.

 

Tag Drapeaux rouges

 

S'opposer à tout ce qui divise, différencie et met les prolétaires en concurrence les uns avec les autres.

Dans les luttes contre les classifications et la cotation par poste ; dans les luttes des employés contre les cotes d'amour ; dans les luttes des étudiants contre la sélection, les concours, les examens, les « diplômes au rabais » ; dans les luttes des chômeurs contre les indemnités liées au lieu de résidence, l'égalitarisme, puissamment affirmé par l'autonomie ouvrière, s'est révélé le plus puissant facteur d'unification des prolétaires, la substance même de leur force préfigurant la société communiste.

Cet égalitarisme - et c'est là son sens - consiste à affirmer inconditionnellement les besoins des prolétaires contre les exigences de la production, du marché, du mode de vie que le capitalisme cherche à imposer pour diviser les prolétaires.

On ne parviendra à comprendre la nature de classe des révoltes méridionales contre l'Etat, les partis, les barons de la politique que si l'on y distingue le besoin de tracer une ligne de démarcation nette vis-à-vis de l'ennemi.

C'est pour la même raison que les ouvriers cherchent à chasser les chefs et les dirigeants des usines.

Le fait que cette exigence se soit exprimée de manière déformée et ait souvent offert aux pires ennemis du prolétariat - par exemple aux fascistes à Reggio de Calabria - un terrain idéal pour prendre pied, ce fait montre les limites de la spontanéité prolétariennes abandonnée à elle-même et dépourvue de direction politique.

Ne pas comprendre cette composante fondamentale de la lutte de classe, la refuser ou ne pas savoir l'assumer - au nom d'une défense de principe de la « démocratie bourgeoise » - peut seulement conduire à se couper de plus en plus profondément de la lutte de classe et de ses exigences fondamentales.

La ville aux mains des prolétaires.
Dans quelle situation se trouvera le prolétariat au terme de cette seconde phase que nous avons résumée par le mot d'ordre « prenons la ville »?

Par l'extension de la lutte à tous les domaines et sa radicalisation, le prolétariat se sera conquis lui-même, son propre mode d'être, de vivre, de se dresser contre la société et l'exploitation capitalistes.

La société sera coupée en deux : d'un côté les prolétaires, leurs besoins non satisfaits, leurs intérêts de classe désormais clairs et bien perçus, leur force accumulée par des années d'expérience, de lutte, de discussion, leur organisation éprouvée dans sa capacité de faire face à tout problème ; de l'autre côté la bourgeoisie, les patrons, le pouvoir despotique de l'Etat bourgeois, les mécanismes d'exploitation désormais mis à nu, la force brute, devenue l'instrument unique sur lequel repose leur domination de classe.

Ce processus ne sera évidemment pas plus linéaire que ne l'a été la phase de la conquête de l'autonomie dans les usines.

Il subsistera des différences de niveau tranchées, des zones « en retard » et « en avance » du point de vue de l'autonomie prolétarienne, des phases de progrès et des périodes de stagnation et de reflux comme nous en avons connu durant les années écoulées.

Surtout, il n'y aura pas un moment précis où l'on pourra dire que ce processus est arrivé à son terme et qu'une nouvelle phase de lutte s'ouvre aux masses, sauf dans l'appréciation des avant-gardes à qui revient la tâche de réunir les indications fournies par les masses et de donner une stratégie à tout le mouvement.

Mais un changement fondamental sera intervenu dans la conscience et dans l'attitude de masse des prolétaires et c'est par rapport à lui qu'il faut savoir mesurer le développement de la lutte de classe : les prolétaires ne se sentiront plus étrangers dans un monde qui ne leur appartient pas, ils ne seront plus des hôtes mal venus dans une société qui ne les tolère que pour pouvoir les exploiter, des marchandises asservies aux intérêts des autres.

 

Tag communiste

 

Ils se sentiront chez eux, maîtres de leur vie et de leur destin, capables de le dominer et ils ressentiront l'exploitation et la domination non pas comme la condition naturelle de leur vie, mais comme une contrainte arbitraire et un obstacle à la réalisation de leurs aspirations.

A partir de ce moment, seule la force brute, l'appareil répressif de l'Etat, l'occupation militaire des zones où les prolétaires se sont organisés pour lutter, pourra maintenir les vieux rapports d'exploitation.

Et c'est à partir de ce moment - en partant de ce nouveau rapport de forces entre prolétaires et patrons, rapport de forces qui interdit aux patrons et à l'Etat toute initiative autre que de répression militaire - que la violence de masse pourra devenir offensive et que l'objectif de la lutte pourra être la destruction de l'appareil répressif de l'Etat.

Mais sur ce point également il faut se garder du schématisme : tous les prolétaires ne seront pas d'un côté ni tous les bourgeois de l'autre. S'il en était ainsi le destin de ceux-ci serait déjà scellé.

Les phases de la lutte de classe - il faut le répéter - seront déterminées par ses combats les plus avancés, dans la mesure où ceux-ci ne seront pas des faits exceptionnels mais le reflet d'une tendance embrassant tout le prolétariat.

Comme dans toute nouvelle avancée de la lutte de classe, les lignes du front ne resteront pas inchangées lors du passage à la nouvelle phase, mais les nouvelles tâches du prolétariat - la lutte armée - feront apparaître des divisions profondes.

Et - il faut le répéter - seule une ligne de masse nous permettra de surmonter ces divisions et d'arracher continuellement de nouvelles forces au camp de l'ennemi.

Nous en aurons les moyens si nous avons fait du bon travail jusque-là. Le prolétariat et ses avant-gardes pourront alors compter sur une organisation de masse dans laquelle les masses sauront se reconnaître et qui sera seule à leur offrir une perspective d'avenir.

 

communiste

 

 

 

 

Vidéo: des femmes dans la guérilla kurde en Turquie

6 juillet 2010

 

 

 

 

Les Sales Majestés: "En France"

4 juillet 2010

une bonne chanson des Sales Majestés dont le site est ICI

Nous avions parlé de leur chanson "Camarade" ICI

 

 

 

En France

Dix mille morts sur ordonnance
Mais que trois ans de pénitence
Certains ont beaucoup de chance
En France...
Dix millions pour un speaker
Et 2000 francs pour un chômeur
Le partage est de rigueur
En France...

C'est ainsi qu'on vit en France
Marche ou crève c'est la tendance
C'est ainsi qu'on vit en France
Marche ou crève, marche ou crève
Non, non, non, rien n'a changé en France

La prison pour les tagueurs
Et le sursis pour les seigneurs
La justice attend son heure en France
Un million pour s'abriter
Et trois cent mille sur la pavé
L'hiver peut encore tuer en France

C'est ainsi qu'on vit en France
Marche ou crève c'est la tendance
C'est ainsi qu'on vit en France
Marche ou crève, marche ou crève
Non, non, non, rien n'a changé en France

 

Bienvenue des Sales Majestés

http://lessalesmajestes.free.fr/

 

 

 

 

La force de la classe ouvrière

3 juillet 2010

La classe ouvrière est la classe la plus révolutionnaire, la plus organisée, la plus disciplinée...

 

 

Ouvriers coréens prêts pour le combat

 

C'est peut-être ça un syndicat de combat!?

Un film qui montre des ouvriers Coréens ayant repris une musique de Kenny Arkana la franco-argentine... ça c'est de la culture métissée et populaire! ;)

 

 

 

 

 

 

 

Interview de Carlos Marighella

30 juin 2010

 

 

Carlos Marighella

 

Entretien de Carlos Marighela avec Conrad Detrez (1969)

Ces religieux, dont le haut-clergé cherche à se désolidariser, Carlos Marighela les estimait. Au cours d'un repas pris chez des catholiques pratiquants qui n'ignoraient rien de l'identité de leur hôte, il m'en parla plus explicitement.

C.M : La participation des prêtres est très importante. Surtout dans les réseaux de soutien, pour dénoncer les abus de la dictature, protester contre les tortures.

C.D : Mais vous êtes bien marxiste, et...

C.M : Et quoi? coupe-t-il. Ici, au Brésil, les religions, comme les philosophies, comme les races, se sont toujours mélangées. Le catholicisme et la macumba sont mariés depuis longtemps!
Maintenant, ce sont les marxistes et les chrétiens qui s'unissent puisqu'ils veulent la même chose. Nous, on n'est pas sectaire.

C.D : la liberté religieuse?

C.M : Je suis pour, à fond; mais aussi pour la séparation de l'Eglise et de l'Etat.

C.D : Mais c'est acquis depuis l'instauration de la république!

C.M : En théorie, d'accord, mais pas dans les faits.

C.D : Vous avez aussi des collaborateurs d'autres confessions?

C.M : Oui : des protestants, des spirites aussi, mais surtout tous ces gens du peuple qui fréquentent les centres de culte africain. Ppolitiquement, malgré tout, le plus important, c'est l'Eglise catholique. D'ailleurs, ce qui irrite le plus les maréchaux, c'est qu'ils ne parviennent pas à mobiliser l'Eglise contre les révolutionnaires.

[Depuis l'arrestation des douze prêtres et séminaristes dominicains accusés de faire partie du réseau de soutien de Marighela, une campagne nationale de diffamation déclenchée par la presse conservatrice cherche précisément à atteindre cet objectif. La condamnation prononcée par le cardinal de Sao Paulo, Dom Agnelo Rossi, est une première victoire pour les tenants de la dictature.]

 

Carlos Marighella

 

 

 

 

Henri Barbusse

28 juin 2010

 

 

Henri Barbusse

 

MANIFESTE  AUX  INTELLECTUELS

 

LE  PRÉSENT  ET  L’AVENIR AUX  INTELLECTUELS

 

Jamais autant qu’aux jours où nous sommes, - et c’est logique, - n’ont pullulé les manifestes littéraires et les appels aux intellectuels.

Eh bien, tout submergés que nous soyons par cette paperasse et assourdis par cette cacophonie, - et précisément à cause de cela, - nous apportons notre appel à notre tour, par-dessus les autres.

 

*

*    *

 

Le premier devoir des intellectuels et des artistes est de discerner et d’entreprendre le net rôle social qui leur incombe.

D’abord, où en sommes-nous ?

Nous sommes dans une époque d’énorme progrès matériel, et en même temps, de faillite ; une époque de décomposition, nous sommes à la fin d’une certaine période de civilisation.

L’art et la littérature sentent la décadence, comme le reste. Je ne retiens que les titres de chapitres du trop long réquisitoire qui se dresse de lui-même : abondance, mais chaos, culte du détail, arguties, analyses quintessenciées, synthèses maladroites et incomplètes, contradictions, remise à neuf des vieilles, superstitions, - ignorance, confusion, désordre. Et aussi, objectivement, mercantilisme, grands procédés brutaux de publicité aux mains des puissances d’argent, réputations artificiellement hissées en enseignes, et imposées aux consommateurs comme des produits pharmaceutiques. Exploitation à l’américaine et mainmise par les entrepreneurs commerciaux non seulement sur le livre, mais sur les autres moyens publics de réalisation artistique : le théâtre, le music-hall, le cinéma, la radio.

Au milieu de tout cela, - et pour nous en tenir aux lettres, - percent des tentatives plus ou moins isolées de rénovation, mais qui, souvent, tournent à la caricature et se contentent du scandale. Quelques-unes de ces tentatives émanant de jeunes auteurs pleins de virtuosité et de talent, ne sont pas sans intérêt, ni sans portée; elles ont l’avantage de discréditer de vieux règlements d’école et des formules périmées. Mais, jusqu’ici, elles ne s’appliquent guère qu’à la forme et ne dépassent pas le problème du renouvellement du mode d’expression, - la coquille des mots, si je puis dire.

Quant à la mentalité générale de la gent intellectuelle, époque d’incertitudes et de va-et-vient, de recherches, d’inquiétude. L’inquiétude, c’est la réaction organique, la colique des décadences. Ceux qui réfléchissent et qui s’efforcent de regarder un peu plus loin que l’immédiat, sont inquiets. On cherche les voies, on cherche du neuf. On sent bien qu’un changement se prépare. Mais ne le comprend pas qui veut.

 

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Notre réalisme social et philosophique nous permet de démêler le désordre de notre époque de transition, de remonter à ses causes et de constater qu’il est la résultante d’un état de choses parfaitement logique. La même doctrine assigne à l’idéologie son rôle et son importance, et nous permet de rallier, à cette lumière exacte, un grand nombre des inquiets du jour.

L’idéologie ne constitue pas, - et cela est notre premier principe, - lui domaine à part, distinct, sorte de paradis du rêve et de l’art. Elle doit faire corps avec l’évolution historique. Par le langage, par la doctrine, par l’art, l’homme s’exprime et exprime son milieu, d’après des règles positives qui sont les mêmes pour les idées, pour les œuvres et pour les événements. Il n’y a pas deux vérités, l’une théorique et l’autre pratique, il n’y en a qu’une. Il importe donc de ne jamais les séparer par l’abstraction : à toute idée une réalité doit correspondre, sinon elle n’est qu’un mot sans consistance. On ne dissèque pas la vie.

 

 

ART NOUVEAU ET ORDRE NOUVEAU

 

En s’exprimant, on fixe et on bâtit. L’art, et, d’une façon. générale, la parole et l’écriture, sont des instruments de réalisation, ce sont des outils immenses aux mains des hommes. Un art nouveau suppose donc comme « base » un stade nouveau caractérisé de l’évolution historique. Mais il ne faut pas dire, connue nous l’entendons souvent, qu’il n’y r rien à faire tant que l’ordre nouveau n’est pas institué. L’esprit prend les devants. Il trace les perspectives, il prépare les chemins, il remue et brasse les sentiments, il ébauche, et il ébranle, ou bien il affermit les convictions. Il apporte une clarté et une certitude. Tel est le sens ale notre matérialisme littéraire et artistique (le mot a déjà été employé, je crois, par Henriette Roland Holst).

En conséquence, nous ne considérons pas non plus l’idéologie comme devant arbitrairement régenter les faits. La thèse des prétendues élites conductrices, de l’aristocratie et de l’autocratie des penseurs, ne repose sur rien. C’est un bluff candide. Le chef qui conduit une foule libre doit, avoir été engendré d’abord par cette foule ou par toute une partie de cette foule.

Notre objectif est celui-ci : se conformer à l’impulsion des faits réels et d’une doctrine logique en prenant conscience des contingences et de leurs enchaînements. Prendre conscience des réalités, c’est leur obéir, et non les plier à des formules ou à des fantômes. Nous appliquons au bloc de la vie collective et de son expression idéale, le beau précepte lapidaire des stoïciens vis-à-vis de la divinité : « Je n’obéis pas à Dieu, je suis de son avis. »

 

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INDIVIDU  ET HOMME  SOCIAL

 

Mais il est entendu que nous considérons surtout et avant tout l’homme social, et non l’homme en soi (qui est une fiction), et non l’individu.

Cela demande à être clairement défini et fermement posé.

L’individu n’est pas une fiction. Au contraire, c’est la cellule réelle de l’humanité. Nous ne contestons pas l’importance centrale de l’individu. Kart Marx ne l’a pas contesté non plus, comme le lui reprochent légèrement ceux qui le connaissent mal. Chacun da nous est pour ainsi dire double : il est unité et individu par son bagage spécifique, sa crise personnelle, sa position particulière dans le drame éternel du bonheur, du désir, de la mort.

Chacun de nous est aussi partie intégrante du tout social, goutte de foule, chiffre dans la collectivité; et la collectivité est elle-même un organisme. 11 y a, comme disaient les anciens, l’homme intérieur et l’homme extérieur.

On ne résout pas cette profonde antinomie humaine en supprimant - ou, plutôt, en faisant semblant de supprimer - un des éléments en cause, puisque tous les deux existent dans la vérité pratique. Si on scinde artificiellement l’individualisme et l’objectivisme social, le premier se dérègle, et le second se momifie ; et il ne reste plus que deux de ces abstractions nébuleuses chères aux poètes, dictateurs de la fantaisie.

Mais, à l’heure actuelle, l’individu nous intéresse moins que l’ensemble, et nous laissons le particulier pour nous consacrer au collectif.

L’individu, le cas isolé, l’aventure personnelle, ont régné jusqu’ici dans la littérature et dans l’art. Si l’on ne peut pas prétendre que tout a été dit à ce sujet, - car on ne peut pas prévoir les chefs-d’oeuvre - il est certain qu’on en a dit, répété et ressassé, l’essentiel. Et maintenant, on veut regarder ailleurs.

Il faut cesser de tourner en cercle autour de l’esprit et du cœur individuels et de s’obstiner à prendre d’assaut le mur de la vie privée. Il faut laisser de côté, pour un temps, les cas exceptionnels, les soliloques, et les analyses centripètes, l’affaire spéciale de. M. X et de Mme Y, de moi et de toi.

Il faut entrer dans le domaine de l’ensemble.

Tout nous y pousse. D’abord la fatalité économique et historique qui assigne aujourd’hui au collectif un rôle grandissant, et lui donne la marque, et déjà, la forme, de l’avenir. Qu’on le veuille ou non, c’est le règlement de la vie de l’ensemble qui est en question par-dessus tout aujourd’hui. Bon gré mal gré, au jour où nous sommes, la solidarité humaine nous tombe sur les épaules.

Mais il ne s’agit pas seulement d’adaptation à d’urgentes et grandioses exigences sociales.

Il y a dans cette voie un progrès, un acquis graduel, une création continue - que ne donne pas le piétinement de l’individualisme, le sempiternel recommencement personnel. Et cela seul doit suffire à décider de la voie à suivre, les hommes qui ont dans le cœur et dans l’esprit la volonté de faire ici-bas besogne effective.

C’est donc dans ce sens, celui des rapports des hommes entre eux, que le devoir nous commande de nous orienter aujourd’hui.

Nous ne tomberons pas dans cet « extrême » qui consisterait à faire, soit de l’homme social, soit de la collectivité, une entité, une chose en soi. Les adversaires sophistiques du marxisme, et même parfois les maladroits marxistes, tendent à transformer le matérialisme historique ou économique, en matérialisme pur et simple, et à considérer « l’objectivisme dogmatique » comme un mécanisme dont les rouages se meuvent en dehors de toute influence individuelle, de tout facteur psychologique. Cela est trahir la pensée de Marx en abusant du mot matérialisme, et méconnaître tout ce qu’a de souple et de vivant le réalisme marxiste - qui mérite par son ampleur d’être considéré moins comme une doctrine que comme un nouvel état d’esprit, une nouvelle méthode de polarisation des forces créatrices, en harmonie avec la vie et la logique, la nature et la science.

Si les phénomènes économiques se développaient exclusivement et fatalement dans le plan matériel, les choses se feraient toutes seules, toutes les situations établies se trouveraient justifiées au fur et à mesure, et ce ne serait que creuse démagogie de dire aux prolétaires d’en modifier le cours en brisant eux-mêmes leurs chaînes, et c’est pourtant cela qu’il faut leur dire.

L’école bernsteinienne s’est hypnotisée sur ce déterminisme étroit, et en a tiré une sorte d’opportunisme socialiste qui devait l’amener à toutes sortes de concessions.

Les phénomènes historiques obéissent à des lois, comme tous les phénomènes. Mais ils ne s’accomplissent pas automatiquement. Ils ne sont pas totalement entraînés sur une pente invincible. L’homme peut les maîtriser comme il peut maîtriser les éléments et canaliser les fleuves, qui sont soumis à des lois physiques. L’aventure des hommes sur la terre n’est géométrie fatale que dans la mesure où les hommes l’ignorent.

C’est là la raison d’être de la propagande qui est une initiation claire. Je dirais volontiers, pour résumer cet aperçu, que nous devons considérer l’homme en tant qu’individu social.

Cette conception, qui a donné au milieu du XIX° siècle sa véritable substance au socialisme, comme jadis Bacon l’avait fait, pour la science, et Kant, le géant des penseurs, pour toute la philosophie, est riche et féconde. Elle élimine la « chose en soi », elle contrôle la valeur fiduciaire de la formule et de la tradition, elle anéantit la superstition et les fantômes, elle remplace un « idéal » sentimental et nuageux, un idéal de contes de fées, par un but final scientifique. Elle mêle profondément l’abstrait au concret.

Elle a pour elle les forces organiques de la multitude humaine. Elle relève des puissances naturelles. C’est la voix et le frisson d’une marée montante.

Par là, on peut dire qu’elle est beaucoup plus profondément idéaliste que les pompeuses utopies des chevaliers ou apôtres de l’idéal verbal.

Telles sont les raisons pour lesquelles l’honnête homme qui veut penser honnêtement doit s’arracher - au moins pour les temps qui viennent - au culte sans fond et sans but de chacun, et s’orienter vers la cause de tous.

 

 

LES DEUX ORGANISATIONS SYNDICALES

 

Notre méthode rationnelle, scientifique, qui apporte ses évidences brutales et sa luminosité sur le remuement historique actuel et sur tout son cortège d’idéaux et d’idées, nous permet d’y voir net, et de discerner, comme je l’ai dit, les organisations motrices.

C’est, en premier lieu, l’organisation du capitalisme, celle des exploiteurs des masses, c’est-à-dire de la classe dirigeante. universelle, qui est elle-même entre les mains d’une oligarchie de grands financiers, maîtres suprêmes des conjonctures présentes. La concurrence et la centralisation capitalistes qui se sont exercées jusqu’ici, ont pris des proportions prodigieuses par suite du progrès industriel, du perfectionnement de l’outillage, du développement des entreprises et de cette gravitation des fortunes et des entreprises privées - les petites absorbées par les moyennes et les moyennes par les grosses, - que les précurseurs ont si bien définie, et prévue. Cette évolution a mis la souveraineté terrestre entre les mains des Américains - les seuls riches - : Arrivés à un degré formidable de puissance d’absorption, ils se mettent à coloniser tout ce qui est colonisable dans notre vieux continent. La Bourse de New-York est devenue le pôle d’attraction et de direction, de convergence et de divergence du mouvement mondial, le centre de la grande machine qui fait tout marcher.

C’est là-bas que se placarde l’image même du capitalisme : progrès matériel, richesse torrentielle remplaçant tout, pensée atrophiée.

Contre l’organisation des exploiteurs, celle des exploités. Le prolétariat contre le capital. Révolution et contre-révolution.

Tels sont les deux courants fondamentaux, profonds, réels.

Tous les mouvements, toutes les tendances qui groupent des adhérents, ou simplement fourmillent dans le cerveau du monde contemporain, se rattachent directement, ou indirectement, à un de ces deux courants contraires.

Sans doute, la lutte est encore bien inégale. Sauf en Russie, les forces vives sont du côté du capitalisme : institutions, lois, forces d’État. Nous assistons, de plus, au développement du fascisme, suprême réaction de la réaction, et que dans cet aperçu général et succinct je me contenterai de définir : une organisation de lutte offensive destinée à faire échouer l’organisation commençante du prolétariat, et obtenue par une levée en masse des classes moyennes.

L’atout des exploités, ce n’est pas leur puissance propre, insuffisamment cohérente encore, ce sont les résultats désastreux du système triomphant de l’enrichissement individuel, c’est-à-dire le malheur humain. L’ordre établi n’est plus viable. Il est condamné par son hypertrophie même, et par son absurdité foncière qui transparaît de plus en plus à travers les moyens artificiels qui l’ont maintenu jusqu’à ce jour : la violence et la tromperie.

Car, à l’appareil de coercition dont dispose le capitalisme impérialiste régnant, s’ajoute toute une propagande idéologique qui s’y appuie et qui l’appuie. Fort de moyens de publicité considérables, de séculaires traditions, et d’un pli d’esclavage invétéré ; utilisant démagogi­quement la peur du nouveau et de l’inconnu, travestissant les idées et les actes de ses adversaires, le grand système parasitaire est parvenu jusqu’ici à avoir pour lui le consentement de la grande majorité des hommes.

Cette idéologie d’oppression est extrêmement diverse et multiforme, tantôt ouverte, tantôt maquillée, et dissimulée.

On en rassemble l’essentiel dans la formule courante : l’idée de l’Ordre.

Ordre signifie ici : ordre établi, et on doit comprendre : le système de l’exploitation de l’homme par l’homme.

Par un jeu de mots, par un véritable illusionnisme qui tend à faire passer « ce qui est » pour « ce qui est normal », grâce à toutes espèces de scolastiques et de dialectiques qui justifient et renforcent l’œuvre de conservation sociale, la plupart des gens, je le répète, sont présentement partisans de l’ordre des privilégiés et des parasites.

 

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Le grand moteur de cet ordre consacré qui fut l’ordre féodal avant d’être - par un changement d’étiquettes - l’ordre bourgeois, qui fut la tyrannie des aventuriers couronnés, des dynasties royales, avant d’être celle des vastes hommes d’affaires - émane de la notion de Dieu.

C’est dans la conception de Dieu qu’on a puisé les éléments de cette falsification énorme de l’évolution naturelle de l’humanité, de ce sacrifice des masses au profit de quelques personnes.

En effet, la présence de Dieu démolit toute l’œuvre humaine. C’est un grand transformateur qui refait tout. C’est urne contre-réalité qui écrase la réalité.

Mais Dieu n’est qu’un mot audacieux. Le kantisme qui a remis définitivement à l’endroit la philosophie, a fait table rase de la réalité concrète de Dieu. C’est une création de l’esprit et du cœur  à laquelle on accorde une existence distincte par la même opération de folie qui fait croire à l’halluciné que sa vision, toute intérieure, existe à l’extérieur. C’est la Formule par excellence. Imposée par la magie et le terrorisme, cette invention a permis de faire complètement dévier l’ordre des choses.

On comprend l’effort désespéré des réactionnaires et des conservateurs pour écarter la possibilité d’une « société sans Dieu ». Ils sont hantés par ce spectre.

Si la foudre théâtrale d’au-delà leur échappe, tout leur échappe. Aussi c’est là le mot d’ordre primordial des idéologues contre-révolutionnaires - depuis ceux de l’Action Française qui se prétend uniquement nationaliste, jusqu’aux catholiques de toutes nuances, aux néo-chrétiens et aux néo-thomistes qui sont à la mode. Ils développent sous toutes les formes la thèse de Joseph de Maistre pour qui la Révolution Française était d’essence satanique parce qu’elle excluait Dieu des affaires humaines. Ils ne veulent pas qu’on touche à la divinité et à sa thérapeutique d’outre-tombe qui remet toutes les échéances et tous les règlements dans l’au-delà, et écrase, en attendant, les vivants, par l’obéissance et la résignation.

Mais ce qui est plus grave, c’est que Dieu a un grand nombre d’ersatz. Il n’y a pas seulement le Dieu qui est installé au milieu de l’appareil religieux.

Il y a toute, une série d’idoles abstraites et de religions laïques qui sont tout aussi néfastes et tout aussi fallacieuses que celle des églises, car elles résultent de la même opération illicite : donner une valeur en soi, une existence distincte et redoutable à des concepts ou à des rêves (la justice, la raison, la paix), en faire des entités alors que ce ne sont que des idées générales émanant de l’esprit, des formes de cet esprit, et des termes descriptifs. Charles Rappoport, dans sa Philosophie de l’Histoire, dit excellemment que l’a priori est « le remplaçant de Dieu ».

Ces précisions nous permettent d’expliquer, et, si je puis dire, de déjouer, les divergences et les dissensions superficielles que nous voyons apparaître parmi ceux qui sont groupés en fait sous la bannière de la Défense de l’Ordre.

Que nous importent les polémiques de boutique du nationalisme intégral dont chaque grand pays a sa pépinière, avec quelque secte dissidente, quelque Jeunesse Patriote, Ligue Civique ou Faisceau, voire avec le Vatican et le pape !

Les défenseurs de l’Ordre prennent comme plateforme tantôt le classicisme, tantôt l’antisémitisme, tantôt la religion patriotique. Ils vont chercher leurs arguments aussi bien dans l’arsenal des religions d’État que dans la soi-disant sagesse de l’antiquité païenne. Un scribe militant comme M. Maurras est tout aussi païen que catholique. Du reste, le christianisme, vaste synthèse artificielle fabriquée par Saint Paul avec le monothéisme et le messianisme juifs, mélangé à certains dogmes du stoïcisme et du platonisme, et à des mythes gréco-orientaux, est fortement teinté de paganisme ; et le fait chrétien ne s’est substitué au fait impérial romain qu’en lui ressemblant servilement. De même Saint Paul a prêché de la façon la plus catégorique, la plus absolue, et la plus éhontée, l’obéissance passive aux princes et aux puissances établies. C’était avant tout un défenseur de l’Ordre.

Quant à l’hellénisme, c’est une conception, superficielle et écourtée, de l’immédiat et du présent, qui, en réalité, et nonobstant ses prétentions, ne fut pas plus « la raison », que le christianisme n’a été l’amour, que le mosaïsme officiel n’a été la justice, ou le droit romain, le droit.

Laissons donc ces messieurs se chamailler entre eux. Laissons la Jeune République se détacher, s’il lui plaît, du Parti démocrate populaire issu du Sillon. Laissons telle publication intitulée le Mouvement, qui pousse l’orthodoxie et la charité chrétiennes jusqu’à indiquer nominalement dans sa chronique italienne des victimes à Mussolini, empoigner furieusement l’Action Française. Tournons-nous d’un autre côté.

Les mêmes choses sont à dire, une fois pour toutes, des pacifistes ou moralistes qui rêvent un perfectionnement de la nature humaine, et divinisent, laïquement, l’amour et la bonté. En apportant leur utopie dans la lutte sociale réaliste, ils donnent le change, détournent les attentions et les énergies, empêchent qu’on ne remonte aux causes des anomalies (ce qui est le seul moyen honnête de les combattre), font perdre de vue les voies pratiques de l’organisation disciplinée, et les conquêtes positives. Ils sont, qu’ils le veuillent ou non, du côté des conservateurs.

Et la même chose enfin est à dire des « démocrates », des républicains, radicaux, radicaux-socialistes, et même, de beaucoup de socialistes.

Les champions des demi-mesures, des palliatifs momentanés, de la réparation provisoire, des collaborations de classes et du progrès « petit à petit » dans le cadre des absurdes institutions actuelles (autant d’illusions et de pièges), ont beau émettre de sonores diatribes contres les horreurs de la guerre, l’exploitation du travail et les extravagances du fascisme. Ils sont tous, par la force des choses et de la logique, défenseurs de l’ordre établi et ennemis effectifs de la multitude humaine.

Avant d’être nationalistes, avant d’être chrétiens, catholiques, avant d’être libéraux et démocrates, tous ces prédicateurs sont les auxiliaires du statu quo.

D’ailleurs, leur unité - leur union sacrée - se reconstitue comme par enchantement dès qu’il s’agit de faire la guerre aux vrais révolutionnaires. C’est la vérité de fait qui doit nous ouvrir les yeux.

N’oublions jamais que, pour l’organisation capitaliste, la tâche est seulement de maintenir ce qui est ; pour les autres, de détruire ce qui est et de le remplacer. Il est clair que des éléments très disparates peuvent concourir à une œuvre de conservation (même les indifférents et les neutres, qui font poids mort), mais qu’il n’en est pas du tout de même pour ceux qui poursuivent une révolution profonde. On peut trouver ici l’emploi de deux préceptes célèbres de l’Évangile. Les conservateurs peuvent dire : « Celui qui n’est pas contre moi est avec moi », les révolutionnaires doivent dire : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ».

En face de ce monde d’ennemis et de faux amis, le peuple - le prolétariat - cherche à être lui-même, à édifier un statut humain par la prise du pouvoir qui lui permettra de briser les vieilles formes d’État et de bâtir une société selon la loi du travail et de l’intérêt général (dans l’ordre actuel des choses, l’intérêt général, la collaboration des victimes avec des bourreaux n’est qu’une duperie), par l’abolition des classes et de l’État. On peut dire que cette œuvre basée sur l’égalité politique et la production, est une œuvre de démocratie, mais de démocratie intégrale n’ayant rien de commun avec le verbalisme démocratique qui s’épand des tribunes officielles de nos soi-disant républiques.

 

 

NOTRE PROGRAMME

 

L’heure n’est plus de se perdre dans les discussions subtiles, ni de découvrir ou de collectionner des nuances. Il faut sortir de toute la mythologie.

Notre devoir, à nous tous intellectuels, écrivains et artistes, travailleurs des professions libérales, est - après celui de voir clair - de balayer tous ces sophismes et toutes ces folies dont la misère humaine a été gavée. Il nous faut donner conscience aux exploités pour qu’ils conforment leurs actes à la raison et à leurs intérêts vitaux. Il nous faut signifier brutalement l’accord lumineux de la volonté des foules, avec l’ordre rationnel et naturel des choses et avec le droit à la vie.

Sur quelles bases pouvons-nous tenter de réunir dans tous les milieux intellectuels, les éléments suffisants pour préparer les temps nouveaux ? Ce ne sera pas sur un programme politique - mais sur trois grands et larges principes d’action, que voici :

1° - Rapprocher les travailleurs manuels et les travailleurs intellectuels.

Ceux-ci sont du reste eux-mêmes des exploités voués à la misère ou bien à la mendicité et à la servilité vis-à-vis des puissants et des riches.

2° - Lutter contre la propagande réactionnaire et archaïque de l’idéologie et de la culture bourgeoises.

3° - Dégager et aider l’éclosion d’un art collectif.

Ce qui doit nous pousser dans le collectif, ce ne sont pas seulement les raisons de vertigineuse opportunité que j’ai indiquées, mais le sens que nous devons avoir, de la grandeur et de la vie. L’art se renouvellera par en bas, comme la société. Un champ illimité s’ouvre devant cette renaissance dont nous percevons déjà quelques signes. Qu’est-ce que la danse d’un couple à travers sa destinée, à côté des orages, des raz-de-marée, et des avalanches humaines!

Tels sont les trois points sur lesquels doit se réaliser un groupement international et une unité. Ces principes majeurs s’ajustent à la réalité et ouvrent réellement l’avenir.

 

 

 

 

Nazim Hikmet: "ne pas se rendre!"

24 juin 2010

 

 

Nazim Hikmet

 

 

 

Je suis dans la clarté qui s'avance
Mes mains sont toutes pleines de désir, le monde est beau.

Mes yeux ne se lassent pas de regarder les arbres,
les arbres si pleins d'espoir, les arbres si verts.

Un sentier ensoleillé s'en va à travers les mûriers.
Je suis à la fenêtre de l'infirmerie.

Je ne sens pas l'odeur des médicaments.
Les oeillets ont dû fleurir quelque part.

Et voilà, mon amour, et voilà, être captif, là n'est pas la question,
la question est de ne pas se rendre…

 

 

 

soleil derrière les barreaux

 

 

5 octobre 1945

Nous savons tous deux, ma bien-aimée,
qu’on nous a appris
à avoir faim et froid ;
à crever de fatigue
et à vivre séparés.
Nous ne sommes pas encore obligés de tuer,
il ne nous est pas encore arrivé de mourir.

Nous savons tous deux ma bien-aimée,
que nous nous pouvons apprendre aux autres
à combattre pour les nôtres
et à aimer chaque jour un peu plus
chaque jour un peu mieux…

 

 

Nazim Hikmet à la prison de Bursa

 

 

ANGINE DE POITRINE

Si la moitié de mon cœur est ici, docteur,
L’autre moitié est en Chine,
Dans l’armée qui descend vers le Fleuve Jaune.

Et puis tous les matins, docteur,
Mon cœur est fusillé en Grèce.

Et puis, quand ici les prisonniers tombent dans le sommeil
quand le calme revient dans l’infirmerie,
Mon cœur s’en va, docteur,
chaque nuit,
il s’en va dans une vieille
maison en bois à Tchamlidja
Et puis voilà dix ans, docteur,
que je n’ai rien dans les mains à offrir à mon pauvre peuple,
rien qu’une pomme,
une pomme rouge : mon cœur.
Voilà pourquoi, docteur,
et non à cause de l’artériosclérose, de la nicotine, de la prison,
j’ai cette angine de poitrine.

Je regarde la nuit à travers les barreaux
et malgré tous ces murs qui pèsent sur ma poitrine,
Mon cœur bat avec l’étoile la plus lointaine.

 

 

étoile rouge



 

 

 

Football-antifascisme: les supporters basques de Bordeaux

24 juin 2010

cliquez sur l'image pour accéder au site!

 

Euskadi Atala

 

 

Procès de Villiers le Bel: l'Etat, sa police et sa justice contre le peuple.

21 juin 2010

Des jeunes prolétaires ou enfants de prolétaires sont accusés d'avoir tiré sur des policiers.

La justice bourgeoise fait mine de chercher à savoir si ce sont bien ces prolétaires qui ont tiré.

Les accusés refusent de prendre une très lourde peine de prison (ils risquent la perpétuité!) se défendent en disant que ce n'est pas eux.

Que ce soient eux ou pas, peu importe! Nous l'avons déjà dit "si l'innocent mérite notre soutien, le coupable le mérite encore plus"!

Car, ce dont il s'agit, c'est d'un affrontement entre, d'un côté l'Etat bourgeois et sa police et des jeunes issus du peuple de l'autre.

En outre, n'oublions pas que ce soir-là, la police avait commencé par tuer deux jeunes!

Face à la campagne montée par l'Etat bourgeois, il va se soit que l'Action Antifasciste de Bordeaux soutient les accusés.

 

 

 

Soutien Villiers-le-Bel

 

texte de présentation Villiers-le-bel

 

 

N'oublions pas que si l'Etat déploie tout cet arsenal, c'est parce qu'il craint la vengeance du peuple et fait tout pour étouffer la révolte.

Nous publions ce texte du journal le point pour bien montrer comment l'Etat organise la propagande à travers cette misérable campagne.

Il nous présente le pseudo désarroi d'un fonctionaire annonyme (comme les témoins qui ont balancé les accusés) qui fait semblant de passer pour une victime, qui fait semblant de s'étonner sur son métier, qui fait semblant de ne pas comprendre qu'il est le chien de l'Etat bourgeois, qui fait semblant de ne pas l'avoir choisi, qui fait semblant de ne pas avoir tiré, qui fait semblant de ne pas comprendre pourquoi les fontionnaires sont detestés ...

Seulement, tout cela est faux! Car si c'était réellement le cas, il ne serait plus fonctionnaire, il aurait déserté depuis longtemps!

Son discours est typique des fascistes. A aucun moment, il ne se remet en cause. Il tente de passer pour une victime et se montre compréhensif envers les "opérations punitives", ces descentes que les fascistes adorent et voudraient généraliser en escadrons de la mort.

 

 

article de propagande étatique publié sur lepoint.fr

 

Le 25 novembre 2007, Villiers-le- Bel s'embrase après la mort de deux jeunes. Une trentaine de policiers vont être blessés par balles. Avant le procès des tireurs, qui s'ouvre lundi, Le Point a livré dans son numéro daté du 27 mai le témoignage exclusif d'un policier qui était en première ligne ce soir-là. "Tout à coup, il y a eu ce bruit sec, qui n'avait rien à voir avec les pierres et les cocktails Molotov qu'on nous jetait dessus. Une collègue s'est plainte d'une douleur au doigt. On a vu du sang couler de son gant. Elle s'est mise à pleurer. Puis tout est allé très vite. Un autre collègue a senti une vive douleur aux genoux. Quand il a retroussé sa tenue, il y avait du sang partout. C'est à ce moment qu'on a compris qu'on nous tirait dessus."

Ce dimanche, en début de soirée, la Compagnie de sécurisation est appelée en renfort. Cette force d'intervention rapide basée à Paris est la vitrine de la préfecture de police, qui l'utilise pour sécuriser la capitale mais ne l'avait encore jamais engagée en banlieue. Didier, 32 ans, fait partie de la compagnie " Bravo ", qui, cette nuit-là, va perdre la quasi-totalité de ses effectifs, 17 hommes sur 22, tous blessés par balles.

"Nous n'avions jamais été appelés sur une émeute. On est partis la fleur au fusil avec pas assez de balles en caoutchouc ni de grenades lacrymogènes. On n'avait même pas le plan de la ville, c'est notre capitaine qui devait nous guider par radio depuis le PC. Comme ça passait pas, on a dû se débrouiller avec nos téléphones portables personnels. Quand on est arrivés sur place, c'était Beyrouth. Pour nous encourager, notre lieutenant, un ancien militaire qui avait fait le Kosovo, répétait tout haut : " On va leur montrer qui nous sommes." Plus tard, quand on sera pris sous le feu, il refusera de donner l'ordre de repli.

"Tirer, j'y ai pensé. On y a tous pensé"

Une des premières images qui me reviennent, c'est une voiture de police en train de brûler, encerclée par les émeutiers, et une jeune policière qui appelle au secours. Elle hurle qu'elle va mourir. On parvient à l'extraire du véhicule, avant de partir vers la station- service que l'on avait ordre de protéger coûte que coûte. Une centaine de jeunes nous canardent avec des cocktails Molotov et tout ce qu'ils ont sous la main.

C'est à ce moment-là qu'on nous tire dessus. Le tireur est à une vingtaine de mètres de nous, caché derrière un bosquet. Il n'a pas plus de 17 ans. Il veut se faire un " keuf ", il sait qu'il a entre les mains un fusil à pompe, une arme pour tuer. C'est comme dans un film de guerre. Les collègues de la première ligne tombent les uns après les autres. Le major est touché à l'épaule. On évacue les blessés vers l'arrière en les traînant. A cet instant, un policier a sorti son revolver et l'a pointé vers le tireur. La collègue à côté de lui est intervenue, elle a mis sa main sur son bras pour lui faire baisser l'arme. Quelques minutes plus tard, la collègue est touchée à son tour. Il a fallu la transporter d'urgence au CHU de Gonesse, où des émeutiers ont essayé de lui faire la peau. Un crevard qui avait été blessé a su qu'il y avait un flic. Il a appelé ses potes. Heureusement, le service de sécurité de l'hôpital a eu le temps de la changer de chambre. C'est un homme de la compagnie qui, après ses heures de service, a monté la garde toute la nuit devant la porte.

Tirer, j'y ai pensé. On y a tous pensé. Mais la peur de perdre son boulot de flic l'a emporté sur la peur de mourir. Nous sommes formatés pour ne jamais faire feu, même en légitime défense. On préfère que les policiers se fassent tirer dessus comme des lapins. Mais, un jour, un policier va riposter. C'est inéluctable. En face, c'est de plus en plus violent, ils n'hésitent plus. Maintenant, quand on nous envoie en intervention, on a l'impression qu'on part à la guerre. On ressemble plus à des marines qu'à des flics. On a deux Flash Ball, des grenades antiencerclement, le casque lourd, les jambières...

"Pour acheter notre silence, l'administration nous avait promis 600 euros"

En fait, on a perdu la guerre contre la délinquance. Les gens réclament de la sécurité, mais personne ne veut d'une police qui ose. La plupart des émeutes s'arrêteraient net si on agissait de façon plus musclée. Mais la peur de la bavure paralyse les ministres de l'Intérieur. Quoi qu'il fasse, un flic aura toujours tort. Pour tous, les flics sont des salauds, des cogneurs, des alcooliques. Dès que tu es flic, tu deviens infréquentable. Les seuls qui te comprennent, ce sont ceux qui t'aiment : ta femme, tes parents, tes gosses. Quand un type t'insulte, te rit au nez ou même te crache dessus juste parce que tu portes l'uniforme de policier, parfois ça part en vrille. Par exemple si ton gosse a pleuré toute la nuit. Après, il y a les choses inexcusables comme les opérations punitives... A force de subir, certains passent du côté obscur de la force.

A Villiers, on s'est servis de nous comme de chair à canon. Lorsqu'on nous a rapatriés au poste de secours, certains étaient touchés aux jambes, à l'épaule, un autre avait du plomb dans les testicules. Nos officiers ont filé au débriefing et notre commissaire est rentré chez lui. Nos familles ont dû appeler elles-mêmes les hôpitaux de la région parisienne pour savoir où nous étions. Le lendemain, ceux d'entre nous qui n'avaient pas été blessés ont été renvoyés au front, la peur au ventre. On était écoeurés, on a même pensé organiser une conférence de presse, mais notre hiérarchie nous en a dissuadés.

"Désormais je ne dis même plus que je suis un flic"

Pour acheter notre silence, l'administration nous avait promis 600 euros. Puis c'est devenu 300 euros pour les blessés uniquement, qui, finalement, ont perçu la somme en bons-cadeaux. La Compagnie de sécurisation a été reçue en grande pompe à l'Elysée. Sauf notre lieutenant, qui nous avait conduits à l'abattoir. On avait dit qu'on boycotterait la sauterie s'il nous accompagnait. Sarkozy nous a félicités pour notre sang-froid. Il s'est adressé personnellement au policier qui avait sorti son arme, en lui confiant que, s'il avait tiré, il aurait été obligé de le sanctionner.

Malgré les cauchemars, on a tous refusé de voir un psy. Dans la police, tu ne peux pas avoir confiance en eux, certains vont baver à la hiérarchie. On a essayé d'exorciser le mal entre nous. Au cours de nuits, de week-ends entiers, parfois à grand renfort d'alcool. Et puis le dégoût l'a emporté. Aujourd'hui, entre nous, c'est un sujet tabou. Certains vont aller témoigner aux assises le 21 juin, mais ils ne diront pas tout. C'est pour ça que je parle. Désormais, je ne dis même plus que je suis flic. Je dis que je travaille dans un bureau. Et quand il y a une émission sur la police j'éteins la télé."

 

article de propagande étatique publié sur lepoint.fr

 

 

 

Contre les marées noires! Transformer un désavantage en avantage!

21 juin 2010

 

when life gives you oil...

 

 

"R.A.S." d'Yves Boisset: un film sur la guerre d'Algérie

20 juin 2010

Nous l'avons toujours dit, le rôle principal des anti-impérialistes de France est de montrer la vraie nature des impérialistes de France. Ce film montre très bien comment l'armée de l'Etat français se comporte pour le moment à l'étranger.

Ce film montre également qu'il est possible de résister, de se révolter... même si c'est dur et que le chemin est sinueux. Mais la vie est ainsi et le cinéma ne doit pas le cacher!

Nous avons préparé un petit montage montrant certaines scènes du film, mais nous vous invitons bien entendu à voir ce film en entier...

Un film utile pour comprendre comment l'Etat français se comporte en Afghanistan...

 

 

 

 

Une petite comptine

19 juin 2010

un extrait du film d'Alain Tanner "Jonas qui aura 25 ans en l'an 2000"

 

jonas qui aura 25 ans en l'an 2000

 


Une superbe comptine pleine de vie interprétée par Miou Miou jouant une caissière qui emmerde son patron et fait bien volontiers et de son propre chef des réductions aux clients...

 

Disponible ICI

 

 

 

Il y a 70 ans, depuis Gradignan, au nom du PCF, l'appel à la résistance de Charles Tillon

17 juin 2010

malgré la propagande de l'Etat bourgeois, relayé par la grande majorité des profs d'histoire, les faits sont têtus!

Cet appel montre bien à quel point le PCF "stalinien" a toujours voulu la défaite d'Hitler et des nazis.

Ah oui!.... ceux qui ont trop bien appris la leçon de la bourgeoisie persistent: "y'a pas que les profs!... à la télé aussi, ils disent que Staline c'est un méchant...."

Les serviteurs les plus serviles de la bourgeoisie chuteront avec leurs maîtres.

 

Appel de Charles Tillon 17 juin 1940

 

Charles Tillon secours rouge

Charles Tillon, lors de la reconstitution du Secours Rouge 30 ans plus tard

 

 

Rassemblement contre le groupe fascisant Egalité et Réconciliation

16 juin 2010

ce soir à 18h place Jean Moulin

 

Viser la lune, ça me fait pas peur!

13 juin 2010

 

viser la lune!

 

 

Salut aux brigades internationales par la communiste Dolores Ibarruri (la pasionaria)

12 juin 2010

 

 

Message d'adieu aux volontaires des Brigades Internationales
Dolores Ibarruri (La Pasionaria)
(Novembre 1938)

dolores


Il est très difficile de prononcer des mots d'adieu adressés aux héros des Brigades Internationales, par ce qu'ils sont et par ce qu'ils représentent.

Un sentiment d'angoisse, d'infinie douleur vous monte à la gorge vous la serrant comme des tenailles...

Angoisse pour ceux qui s'en vont, soldats de l'idéal le plus élevé de la Rédemption humaine, déracinés de leur patrie, poursuivis par la tyrannie de tous les peuples...

Douleur pour ceux qui restent ici pour toujours, se confondant avec notre terre et vivant dans le plus profond de notre cœur, auréolés par le sentiment de notre gratitude éternelle.

De tous les peuples et de toutes les races, vous êtes venus à nous comme des frères, comme des fils de l'Espagne immortelle, et dans les jours les plus durs de notre guerre, quand la capitale de notre République Espagnole se trouvait menacée, c'est vous, braves camarades des Brigades Internationales qui avez contribué à la sauver avec votre enthousiasme combatif et votre héroïsme et esprit de sacrifice.

Et JARAMA, et GUADALAJARA, et BRUNETE, et BELCHITE, et LEVANTE, et l'EBRO, chantent avec des strophes immortelles le courage, l'abnégation, la bravoure, la discipline des hommes des Brigades Internationales.

Pour la première fois dans l'histoire des luttes des peuples un spectacle a été donné, étonnant par sa grandeur, de la formation des Brigades Internationales, pour aider à sauver la liberté et l'indépendance d'un pays menacé, notre Espagne.

Communistes, socialistes, anarchistes, républicains, hommes de couleur différente, d'idéologie différente, de religions opposées, mais aimant tous profondément la liberté et la justice, sont venus nous offrir leur aide, inconditionnellement.

Ils nous offraient tout, leur jeunesse ou leur maturité ; leur science ou leur expérience ; leur sang et leur vie ; leurs espoirs et leurs souhaits.

Et ils ne nous demandaient rien. C'est-à-dire, oui : ils voulaient une place dans la lutte, ils rêvaient d'avoir l'honneur de mourir pour nous.

Drapeaux espagnols ! Saluez tous ces héros, inclinez vous devant tous ces martyrs.

 

drapeau republique d'Espagne

 

MERES ! EPOUSES ! Quand les années passeront et les blessures de la guerre commenceront à cicatriser; quand le souvenir des jours douloureux et sanglants s'estompera en un présent de liberté, de paix et de bien-être; quand les rancœurs s'atténueront et l'orgueil de la patrie libre soit unanimement ressenti par tous les espagnols, parlez à vos enfants, parlez-leur de ces hommes des Brigades Internationales.

Racontez-leur comment, traversant mers et montagnes, franchissant des frontières hérissées de baïonnettes, épiés par des chiens enragés, avides de déchirer leurs chairs de leurs crocs, ils sont arrivés dans notre patrie comme des croisés de la liberté, pour combattre et mourir pour la liberté et l'indépendance d'Espagne, menacée par le fascisme allemand et italien.

Ils ont tout abandonné: tendresse, patrie, foyer, fortune, mère, épouse, frères, enfants et vinrent à nous pour nous dire: nous sommes là! Votre cause, la cause de l'Espagne est notre même cause, c'est la cause commune à toute l'humanité avancée et progressive

Aujourd'hui beaucoup s'en vont, des milliers restent ayant pour linceul la terre d'Espagne, le souvenir saturé de la plus profonde émotion de tous les Espagnols.

Camarades des Brigades Internationales !
Des raisons politiques, des raisons d'Etat, la santé de cette même cause pour laquelle vous avez offert votre propre sang avec une générosité sans limites, vous font repartir dans votre patrie pour les uns, vers une émigration forcée pour d'autres.
C'est fiers que vous pouvez partir.

Vous êtes l'Histoire, la légende, vous êtes l'exemple héroïque de la solidarité et de l'universalité de la démocratie, face à l'esprit mesquin et attaché à ses privilèges de ceux qui interprètent les principes démocratiques en regardant leurs coffres-forts ou leurs actions en bourse, qu'ils veulent conserver à l'écart du risque.

NOUS NE VOUS OUBLIERONS PAS ; ET QUAND L'OLIVIER DE LA PAIX FLEURIRA, ENTRELACE AVEC LES LAURIERS DE LA VICTOIRE DE LA REPUBLIQUE ESPAGNOLE ! REVENEZ !

Revenez vers nous, vous y trouverez une patrie pour ceux qui n'ont pas de patrie, des amis pour ceux qui vivent privés d'amitié, et tous, tous, l'affection et la reconnaissance de tout le peuple espagnol, qui aujourd'hui et demain criera avec enthousiasme :
Vivent les héros des Brigades Internationales!!!!

 

 

 

Antifa!

11 juin 2010

 

antifa

 

 

Jon, assassiné par les polices des Etats français et espagnol

11 juin 2010

 

Jon Anza

 

 

 

10 juin 1968, Gilles Tautin meurt poursuivi par la police de l'Etat bourgeois

10 juin 2010

 

Gilles Tautin

Tautin

 

Tautin

 

Tautin

 

gilles tautin

 

Gilles Tautin

 

 

 

 

La conscience de classe: "Cacao" de Jorge Amado

10 juin 2010

 

 

cacao jorge amado

 

Le lendemain, je remis l'imprimé à Maria.
- Mademoiselle a laissé tomber ça hier.
- Et vous ne me le rendez qu'aujourd'hui ?
Elle prit le papier, lut et reconnut :
- Une demande de collaboration pour un annuaire d'ici.
J'ai envie de faire une description de la propriété...
- Bonne idée.
-... des fêtes, de la beauté des plantations, de la belle vie que vous avez...
- Belle ?
- Ne l'est-elle pas ?
- Superbe !
- Vous avez toit, nourriture, vêtements et argent...
- Pas souvent.
- Vous trouvez que ce n'est pas assez ?
- Mademoiselle s'en contenterait ?
- Effronté ! De quel droit m'interrogez-vous ?
- Mademoiselle va écrire sur notre vie, et je ne veux pas que Mademoiselle soit malhonnête.
- Restez à votre place...
- Si cet annuaire le publiait, j'écrirais aussi quelque chose sur notre vie.
-Vous? Ah!Ah!Ah!
Elle rit beaucoup, mais s'arrêta soudain et me fixa longuement.
- Vous n'êtes pas comme les autres... Comment avez-vous échoué ici ?
- Nous sommes tous pareils. Tous exploités...
- Ne faites pas l'imbécile. Elle se mettait en colère.
- Vous aussi nous détestez sans savoir s'il y a des bons et des méchants parmi nous.
Je lui contai mon histoire, qu'elle écouta en silence. Je conclus :
- Comme vous voyez, Mademoiselle, je suis comme eux tous. Nous sommes une espèce à part. Je suis né chez des gens « bien ». Mais aujourd'hui je suis entièrement avec eux et j'en suis satisfait.
- Satisfait de cette existence misérable ?
- Ça ne vaut pas la peine d'être riche. Et qui sait si un jour ça ne changera pas ?
- Vous êtes socialiste ?
- Je ne connais pas ce mot.
Je ne le connaissais pas, c'était vrai. Maria ne me l'expliqua pas. Peut-être elle même ne savait-elle pas exactement ce qu'il signifiait.
- Vous ne songez pas à devenir riche, comme Algemiro ?
- Non.
- Pourquoi?
- Parce que je ne sais pas exploiter les travailleurs.
Les après-midi, nous allions à Pirangi. Les jeunes gens de la localité regardaient Maria d'un oeil plein de désirs. Elle était belle et héritière d'une grande fortune. Le type de la princesse de légende pour ces petits employés de commerce. Ils faisaient des rêves :
- Si elle devenait amoureuse de moi...
- Je pourrais manger et dormir le ventre au soleil.
Maria passait, orgueilleuse comme une déesse, sans les voir.
Au milieu du chemin, un aveugle aux cheveux blancs demandait l'aumône. Maria lui jetait une pièce. Un jour, je me souvins :
- Il a travaillé chez le Colonel, dans le temps. Il est devenu aveugle.
- Cela ne m'intéresse pas. Taisez-vous.
- S'il savait que l'aumône vient de Mademoiselle, peut-être qu'il ne la prendrait pas...
Maria riait follement, les cheveux emmêlés par le vent.
- Vous êtes le type de l'idéaliste romantique.
- Je ne comprends pas ce beau langage...

 

(.....)

 

- Je crois qu'elle m'en veut drôlement. Je lui fais de ces réponses...
- Va pas te laisser embobiner, au moins...
- Moi?
Joâo Grilo blagua :
- À moins qu'elle ait le béguin pour toi!'
- Elle coucherait pas ici...
Je désignais les planches dures du bat-flanc.
- Tu pourrais coucher dans son lit à elle...
- Je ne veux pas être patron.
Colodino m'encourageait :
- Fais-la marcher, cette tordue.
Le lendemain, Maria m'envoya chercher des mandarines.
Quand je revins elle m'ordonna de les porter sous le jaquier.
Elle s'achemina par là-bas, un livre sous le bras.
- Venez avec moi.
- Il faut que je fende du bois.
- Je vais rester toute seule sous le jaquier ? Et les serpents ?
Vous fendrez le bois plus tard, ça ne presse pas.
Quand elle eut tourné les dernières pages du livre, elle me raconta :
- C'est une belle histoire. Une comtesse qui va à son château à la campagne et devient amoureuse d'un paysan. La famille s'oppose, mais elle se marie, et le paysan va devenir comte. Et ils vivent heureux...
- Des contes de fées.
- Non. C'est un roman - elle rit - écrit par une Française.
Vous ne trouvez pas cela joli ?
- Mais le paysan est un traître.
- Qui a-t-il trahi ?
La question m'embarrassa. Maria sourit victorieusement.
- Il a trahi les autres travailleurs.
- Comment, en ayant une vie meilleure ?
Je ne répondis pas.
- Et vous, vous n'épouseriez pas la comtesse ?
- La comtesse ne m'aimerait pas, pour commencer...
- Vous esquivez la question. Si elle vous aimait, et que vous l'aimiez ?
- Si elle m'aimait, elle pourrait devenir femme d'ouvrier.
Ce fut à son tour d'être embarrassée. Mais elle répondit au bout de quelques minutes :
- Et elle s'habituerait à cette vie ?
- Et lui s'habituerait à une vie de luxe ?
- Mais je pense bien...
- Peut-être... Mais il a trahi.
Maria se contenta de répondre:
- Bon. Mais ces histoires arrivent parfois dans la vie réelle.
Je racontai cette conversation à Colodino. Il m'assura :
- Elle est comme toutes ces filles des collèges de bonnes soeurs. Elle est travaillée par les romans. Tu vas voir qu'un de ces jours elle va vouloir se marier avec toi.
- Tu es fou, Colodino ?
Maria me lut l'article pour l'annuaire. Elle décrivait, bien mal, soit dit en passant, la propriété, les fêtes, la vie des ouvriers. La conclusion était à peu près comme ceci :

... et ils sont heureux de leur travail honnête. Ils s'amusent, jouent de la guitare, aiment, estiment leurs patrons, qui sont leurs parents et leurs maîtres. Ils adorent leurs patrons, qui, en retour, traitent bien leurs ouvriers, comme des parents leurs enfants. Peut-être est-ce pour cela que restent sans valeur les discours de doctrinaires d'idées exotiques, qui apparaissent sur les propriétés...

Elle m'avisa :
- Ce dernier paragraphe vous est dédié.
Je demeurai bouche bée de stupeur.

 

 

 

Il y a 42 ans, émeute à Peugeot Sochaux!

9 juin 2010

les CRS se comportent comme des fascistes mais les ouvriers résistent et des flics sont projetés dans les cuves d'acide...

 


Peugeot sochaux en juin 68

 

Extrait d'un ouvrage paru chez françois maspéro, collection cahiers libres 303, "Une milice patronale: Peugeot" de Claude Angeli et Nicolas Brimo (P15 à 19)

"Dimanche 9 juin 1968, les événements de Mai n'en finissent plus de finir. Dans les usines encore occupées comme dans les rues du Quartier latin, l'ordre n'a pas encore tout à fait triomphé.

Il fait beau. Leurs réservoirs d'essence de nouveau pleins, les Parisiens ont quitté leur ville tandis que, place Beauvau, le nouveau ministre de l'Intérieur, Raymond Marcellin, travaille comme il le fera six ans durant, sans se soucier ni du jour, ni de l'heure.

A l'Hôtel Matignon, la petite équipe qui entoure Georges Pompidou fait le compte des entreprises où, demain, les ouvriers reprendront le travail. Parmi elles, l'usine Peugeot de Sochaux avec ses 25 600 ouvriers: la plus forte concentration industrielle de France.

A Sochaux, deux jours plus tôt, un scrutin a été organisé dans les plus mauvaises conditions - 5280 votants sur les 25 600 salariés des "Automobiles Peugeot" - et la fin de la grève, votée avec seulement 49 voix de majorité.

C'est peu et les syndicats sont divisés sur l'attitude à prendre. Difficile d'apprécier, au moment où le travail reprend, partout en France, ce que veulent ces milliers d'ouvriers, souvent d'origine rurale, qui habitent dans un rayon de soixante kilomètres autour de l'uisine. Les dirigeants de la CFDT pensent que ce résultat ne prouve pas grand chose et qu'il faut continuer. A la CGT, une majorité pense le contraire, et incite les ouvriers, ici à Sochaux, comme partout en France, à "savoir finir une grève".

Le retour des drapeaux rouges.

Le lundi 10 juin, dès quatre heures du matin, les deux cent cinquante cars Peugeot déversent leurs cargaisons d'ouvriers sur les parkings de l'usine. Les drapeaux rouges ont été enlevés, les murs rapidement badigeonnés et les slogans vite effacés du bitume. Les machines se remettent à tourner mais le coeur n'y est pas. Dans les ateliers, des bruits courent : les chefs s'apprêtent à accélérer les cadences; la direction va exiger dix-sept samedis de travail supplémentaires pour rattraper les pertes à la production. Une fois de plus, la base a le sentiment d'avoir été piégée.

A neuf heures du matin, le climat devient lourd. la grogne s'étend. A la carosserie, ça discute ferme."J'en ai marre, dit un ouvrier, je m'en vais chez moi". D'autres se mettent à remonter la chaîne des "404", poste après poste, ouvrier après ouvrier: "Viens, on va au bureau". Bedonnant et chauve, le directeur de la "carosserie" voit bientôt arriver cinq ouvriers dont deux délégués: "Vous n'allez pas recommencer, non?"

Ils vont recommencer. Ils sont très vite soixante-quinze qui font le tour des ateliers voisins du leur. Des jeunes: le plus âgé doit avoir à peine trente ans. Et leur groupe grossit, de bâtiment en bâtiment. A dix heures, on ne travaille plus guère dans l'usine. La maîtrise fait ce qu'elle peut mais il est déjà trop tard. Des ouvriers quittent l'usine et s'installent au long de l'avenue d'Helvétie qui relie Sochaux à Montbéliard et sur laquelle s'ouvrent les grilles de l'usine. En petits groupes compacts, on y attend l'arrivée des délégués syndicaux.

A quinze heures, tout est joué: dix mille ouvriers de la première et de la seconde équipe votent "la grève avec occupation". On réinstalle les drapeaux rouges sur les portes de l'usine.

Quand tombera la nuit, quelques centaines d'ouvriers seulement resteront sur place. Répartis aux quatre coins de l'usine, ils assureront la sécurité et les piquets de grève.

Le tableau de chasse des CRS

A trois heures du matin, l'assaut est donné. Sur deux fronts. Des gendarmes mobiles investissent les portes de l'usine tandis qu'un commissaire de police somme les grévistes d'évacuer les lieux.

Au même moment, les CRS franchissent les murs d'enceinte. L'opération est bien menée, la souricière bien tendue. L'effet de surprise a joué à plein: les policiers matraquent même ceux qui dorment. Personne ne les attendait et les grévistes fuient en ordre dispersé. CRS et gendarmes seront rapidement maîtres du terrain.

Tout s'est réglé à Paris. La reconquête de l'usine a été décidée dans la soirée par la direction générale de Peugeot et Raymond Marcellin avec, naturellement, le feu vert de Georges Pompidou. Pour assurer le succès de l'opération, il fallait rester discret: ni la direction de l'usine de Sochaux, ni le préfet du Doubs n'étaient au courant de ce qui se tramait à quatre cents kilomètres de là. Il fallait frapper fort et vite comme chez Renault, à Flins, en finir avec ces ouvriers qui avaient eu l'impudence de "recommencer". A l'aube, c'est chose faite.

A quatre heures trente du matin, les CRS chargent pour la première fois. Maintenant on se bat. De la ville viennent les premiers renforts, des ouvriers, mais aussi des lycéens. Certains se joignent aux secouristes déjà débordés, d'autres se battent derrière et devant les barricades.

Aux pierres que les ouvriers lancent par-dessus les murs, les CRS ripostent à coup de grenades lacrymogènes et offensives. Chacune de leurs salves est suivie d'une sortie et d'une charge. Chaque fois, les ouvriers reculent d'une centaine de mètres, se regroupent derrière leurs barricades et repartent à l'assaut.

A plusieurs kilomètres de l'usine, dans cette agglomération qui s'étend autour de Sochaux et de Montbéliard, et où vivent près de cent mille personnes, chacun entend les explosions des grenades. "Dix éclatements à la minute", note un journalise local.

Vers dix heures du matin, les grévistes rendent aux CRS la monnaie de leur pièce.  Ils pénètrent dans l'usine. "On a franchi le petit mur d'enceinte près de la porte "J", raconte un ouvrier qui combattit dans les rangs des FTP pendant la Résistance. Et les CRS se sont mis à foutre le camp. Alors, j'ai vu leur gradé qui sortait son revolver et qui tirait. Et nous, on continuait à avancer. Il a couru rejoindre les autres à cent mètres de là, peut-être. Alors, ils ont pris leurs fusils. On était "fin-fous". On a bondi vers un command-car qui était là, vide. On a trouvé deux mousquetons. On a cassé les crosses. Puis, on a mis le feu au réservoir et on est vite ressorti de l'usine".

Mais trois balles des CRS ont fait mouche. Près de la cabine des gardiens, Pierre Beylot, 24 ans, est en train de mourir. Deux autres de ses camarades sont blessés par balle. Les CRS s'affolent et emploient les grands moyens. Ils visent les manifestants avec leurs fusils lance-grenades, Henri Blanchet, 49 ans, "soufflé" par l'explosion, tombe du mur sur lequel il était monté. Il meurt sur le coup : fracture du crâne. Serge Hardy, 36 ans, atteint à la jambe par une grenade, devra être amputé dans la soirée, au-dessus du genou. Une troisième grenade fait mouche: Joël Royer, 18 ans, militant des jeunesses communistes, perdra son pied droit.

A quatorze heures trente les combats reprendront. L'arrivée des renforts des CRS rallume les bagarres. Un motard est lapidé par les grévistes. En s'enfuyant, il abandonne sa moto qui flambe aussitôt.

A la nuit, après dix-huit heures de combats, c'est enfin la trève. Les responsables syndicaux ont pu rencontrer la direction et les CRS se retirent à l'intérieur de l'usine. Peugeot cède. Seule concession des délégués ouvriers: l'usine ne sera plus occupée. A vingt et une heures, ordre est donné aux policiers de quitter l'usine et Sochaux.

Les CRS ne manqueront pas leur sortie. Ils arrosent leur départ. A la grenade. Sur la route de Belfort, les policiers épuisent leurs stocks. Contre la foule, contre des boutiques. Et même en passant, sur la place de l'Eglise, à Vieux-Charmont, au moment où le curé raccompagne les enfants après le catéchisme.

Les CRS regagnent leurs départements d'origine, les Bouches-du-Rhône, le Haut-Rhin et le Rhône. Ils laissent à Sochaux deux cadavres et deux infirmes. ...


 

 

Travailleurs attention!

8 juin 2010

 

"Travailleurs, attention
Travailleurs, attention
Votre vie est à vous
Ne vous la laissez pas prendre
Socialistes
Sans parti
Communistes
La main qui tient l’outil ressemble à la main
Qui tient l’outil
Travailleurs, attention
Demain nous saurons sur qui nous tirerons
Les machines à tuer, nous les prendrons
Nous avons su les fabriquer
Nous saurons bien les faire marcher
Et ceux qui crachent tricolore en l’air
Leur propre sang leur retombe sur le nez
Il y aura des morts
Mais la nouvelle vie pourra commencer
Alors les hommes pourront vivre
Alors les enfants pourront rigoler
Vous n’empêcherez pas la terre de tourner
Vous n’empêcherez pas le drapeau rouge de flotter …."

Jacques Prévert

Jacques Prévert

 

 

 

Pour l'unité d'action antifasciste (1934)

7 juin 2010

 


étoile rouge

 

Pour l'unité d'action antifasciste
mars 1934
Résolution du Comité central sur les tâches des communistes adoptée le 15 mars 1934

1. Les événements de ces dernières semaines vérifient dans les faits la justesse des résolutions adoptées par la XIIIè assemblée plénière du Comité exécutif de l'I.C. et par le Comité central dans sa session de janvier.
Les événements de cette dernière période soulignent l'accentuation de l'essor révolutionnaire dans les pays capitalistes (Autriche- Espagne, etc.).
En face du monde capitaliste en pleine crise, l'Union soviétique obtient de nouvelles victoires dans l'édification du socialisme.
« Le mouvement des masses ouvrières et paysannes et des soldats est en développement et passe à un niveau plus élevé », comme l'ont montré les combats de classe de février en France.
L'activité du Parti communiste a largement contribué à déclencher l'action des masses travailleuses qui, jeunes en tête, ont riposté magnifiquement aux attaques du fascisme, notamment dans la grande manifestation du 9 février; elles ont réalisé leur front unique d'action auquel s'est toujours opposé le Parti socialiste.
Cela constitue une victoire de la politique menée inlassablement par notre Parti communiste.

2. Le courant de front unique qui entraîne les ouvriers socialistes souligne qu'à l'intérieur de la social-démocratie, contrairement à ce que les opportunistes déclarent et attendent, la crise s'approfondit.
De nouvelles couches de prolétaires se tournent vers notre Parti, lui témoignent leur confiance, et de nombreux ouvriers socialistes voient le salut dans le pouvoir des Soviets, oeuvre du parti bolchévik, pilier essentiel de la IIIè Internationale.
Les communistes doivent repousser toute tentative d'atténuer les responsabilités du parti socialiste, principal soutien social de la bourgeoisie dans le développement du fascisme.
Le Parti socialiste, à l'occasion de son récent conseil national, s'est de nouveau dressé contre le front unique des ouvriers socialistes et communistes.
Il tente d'entraîner la classe ouvrière derrière les « doctrines socialistes» qui ont conduit à leur situation tragique les travailleurs d'Allemagne et d'Autriche.

3. Les organisations du Parti doivent porter les coups essentiels au fascisme, au gouvernement Doumergue-Tardieu-Laval qui en est le fourrier et, naturellement, démasquer la capitulation des gauches.
Une telle orientation de l'activité du Parti aidera à surmonter l'insuffisante rapidité dans les réactions des organisations du Parti et la passivité qui se sont manifestées à la veille desévénements, pendant et après.

4. La mobilisation du Parti, qui a abouti à la montée d'une vague de front unique d'action contre le fascisme comme jamais on n'en avait vue en France, a été entravée par les tendances opportunistes de droite qui se sont manifestées pendant et depuis les événements de février.
Les organisations du Parti, en décuplant les efforts pour réaliser le front unique d'action, repousseront toute politique ayant pour conséquence la réalisation d'un bloc avec le Parti socialiste et corrigeront tous les abandons de principe et glissements sur la plate-forme de la social-démocratie.

5. Tenant compte de l'expérience de ces derniers temps, les comités dirigeants et organisations du Parti s'emploieront à liquider rapidement les insuffisances dans le travail d'organisation du Parti, surtout pour ce qui est des manifestations dont il faut pouvoir en toutes circonstances assurer la préparation et la direction.
Les organismes dirigeants du Parti prendront toutes mesures pour pouvoir en toutes circonstances assurer leur tâche de direction, maintenir le contact avec les diverses organisations du Parti.
La liquidation rapide de toutes nos faiblesses et lenteurs, en ce qui concerne l'organisation d'une autodéfense de masse, constitue une des tâches décisives du moment dans la préparation de la lutte contre le fascisme et les provocations fascistes.
Le Comité central salue l'exemple des travailleurs communistes, socialistes, sans parti, des 20è et 15è arrondissements de Paris qui, par leur autodéfense de masse, ont fait reculer les bandes fascistes.

6. Le Parti doit mettre tout en oeuvre pour assurer la défaite du fascisme. Pour cela, il doit élargir et consolider les résultats obtenus dans l'application de la tactique du front unique d'action à la base.
Les organisations et membres du Parti doivent se mobiliser pour assurer le succès du rassemblement national antifasciste du 20 mai en développant les actions partielles dans les entreprises, en préparant, par un large travail de front unique auprès des ouvriers socialistes et confédérés, la grève politique de masse, ce qui constitue une des grandes tâches de l'heure, en multipliant les luttes partout et en créant des comités de front unique dans les usines et localités.
Le 1er mai, dont les communistes doivent travailler à faire une journée de grève générale et de démonstration de masse hors le signe du front unique d'action, sera une étape importante dans la préparation du rassemblement national antifasciste.
Dans notre lutte implacable contre le fascisme, nous devons mobiliser les masses pour exiger la libération du chef du
P.C.A., le camarade Thaelmann, qu'il nous faut arracher des mains des bourreaux fascistes comme nous avons arraché Dimitrov.

7. La grève générale du 12 février est une grande démonstration, pour tout le parti et la classe ouvrière, du rôle énorme des syndicats dans la lutte contre le fascisme et de l'importance de la grève comme arme de lutte du prolétariat.
Cela exige un travail systématique de tous les communistes dans les syndicats pour élargir le mouvement gréviste en prenant comme base les revendications immédiates et la lutte contre le fascisme.
Les communistes doivent se préoccuper constamment du renforcement des syndicats unitaires pour en faire des organisations de masse et travailler à l'organisation et au développement de l'opposition dans les syndicats confédérés et autonomes.
Les communistes soutiennent à fond l'action de la C.G.T.U. pour l'unité syndicale de classe et la constitution de syndicats uniques sur la base d'un programme conforme aux intérêts ouvriers et de la répudiation absolue de la collaboration des classes.
Compte tenu de ces deux conditions, les communistes ne se laissent arrêter par aucune question de forme dans leur lutte concrète pour l'unité syndicale.

8. Les organisations du Parti ont pour devoir impérieux, dans le moment présent, alors que le fascisme fait des efforts exceptionnels pour conquérir la jeunesse travailleuse, de mettre d'urgence un terme à la négligence particulièrement grave des organisations du Parti en ce qui concerne la direction du travail de la jeunesse communiste.
Il convient de réaliser enfin la directive ayant trait à la création d'une cellule de la J.C. à côté de chaque cellule d'entreprise du Parti; de diriger la J.C. dans son travail parmi les organisations de masse de la jeunesse, de l'aider à appliquer la tactique du front unique pour gagner les jeunes ouvriers socialistes à la lutte contre le fascisme et de préparer le congrès des jeunes contre le fascisme et la guerre qui se conjugue avec le Rassemblement National Antifasciste.

9. La mobilisation des paysans dans la lutte contre le fascisme demeure le point faible de l'activité de notre Parti. La question décisive dans le moment présent est de gagner la masse des paysans à la lutte contre le fascisme.
C'est pourquoi toute négligence dans l'organisation du travail à la campagne constitue une faute d'une gravité exceptionnelle.
Non seulement les organisations du Parti à la campagne ont pour devoir de déployer une activité intense en vue d'organiser l'action des paysans pauvres et moyens pour leurs revendications, contre le fascisme et la guerre, mais les ouvriers des villes doivent être entraînés dans le travail de conquête des paysans, en particulier les cheminots, les postiers, ainsi que les instituteurs.
Toutes les liaisons des ouvriers avec la campagne devront être utilisées et des prises de contact entre ouvriers et paysans (descentes à la campagne le dimanche) devront être organisées.
Des propositions seront faites par les cellules et rayons aux ouvriers socialistes en vue de réaliser en commun cette importante besogne parmi les paysans.

10. Les communistes doivent être les défenseurs acharnés deséléments des classes moyennes ruinées par la crise.
Ils doivent dénoncer la démagogie fasciste et montrer que les classes moyennes ne peuvent se défendre qu'en luttant avec les ouvriers sur le front antifasciste.
Les organisations du Parti ont pour devoir de lutter contre toute atteinte portée aux droits acquis des anciens combattants et de mettre tout en oeuvre pour qu'ils réalisent leur action commune à la base, contre le gouvernement des pleins pouvoirs qui les menace avec la complicité des chefs fascistes des organisations d'anciens combattants, à l'intérieur desquelles le travail de masse doit être organisé.

11. L'activité fondamentale des organisations du Parti doit consister à réaliser partout le front unique de lutte à la base en vue d'entraîner les ouvriers socialistes à la lutte révolutionnaire.
Partout, nos organisations doivent prendre l'initiative de l'action, proposer aux ouvriers et sections socialistes d'adhérer au Rassemblement National, constituer avec eux des comités dans les entreprises et les localités.
Là où existent des comités de base isolés, les communistes doivent mener l'action pour que les travailleurs rassemblés dans ces comités adhèrent au Rassemblement National.
La politique du Parti socialiste doit être démasquée devant les ouvriers socialistes et l'ensemble des travailleurs en montrant que le souci du Parti communiste est de rassembler les masses dans la lutte vigoureuse dans les villes et les villages contre le gouvernement d'Union nationale, des pleins pouvoirs et des décrets-lois, pour l'arrestation de Tardieu et de Chiappe, contre l'offensive du capital, contre le fascisme et la guerre.
Une des tâches quotidiennes du Parti communiste est de développer au cours de l'action une propagande inlassable autour de son programme d'action après la prise du pouvoir, montrant ainsi l'issue révolutionnaire de la crise aux prolétaires et à l'ensemble des masses travailleuses.

12. La réalisation de ces tâches exige que tout soit mis en action en vue de recruter des nouveaux adhérents au Parti, de consolider les organisations du Parti à tous les échelons, et en premier lieu dans les entreprises, de combler rapidement les lacunes d'organisation constatées au cours des derniers événements.
Un des instruments essentiels du Parti est l'Humanité, le grand journal du prolétariat, avec à sa tête le chef révolutionnaire Marcel Cachin.
Le Parti fera tout pour porter encore plus haut le rayonnement de son journal et fera du 30è anniversaire de l'Humanité une vaste campagne de masse.
La condition essentielle de la capacité d'action du Parti communiste dans une période grosse de responsabilités pour lui, réside dans son unité, dans la mobilisation de tout le Parti pour l'application des décisions du Comité central.
Le Comité central enregistre avec satisfaction que toutes les régions du Parti et la Fédération de la jeunesse communiste manifestent leur volonté d'appliquer la ligne du Parti, repoussent toute tentative de la modifier et en exigent l'application par tous les membres du Parti.
Avec l'ensemble du Parti, les communistes de la région Paris-Nord (Saint-Denis), fidèles à leurs traditions de lutte contre la bourgeoisie et ses alliés, portent fièrement le drapeau du Parti communiste et repoussent toutes les tentatives d'introduire la contrebande social-démocrate et trotskyste dans le Parti que poursuivent les débris du groupe opportuniste sectaire Barbé (Rolland).
Formant un bloc autour de son Comité central, le Parti communiste, qui a subi avec honneur l'épreuve du combat, exige de tous ses membres le dévouement, l'abnégation et la discipline indispensables afin d'être à même de prendre la direction de vastes batailles de masse qui écraseront le fascisme et nous achemineront vers le pouvoir des Soviets.

 

joseph Staline

 

 

 

L'artiste

6 juin 2010

 

 

Rosenberg par picasso

« Que croyez-vous que soit un artiste ! Un imbécile qui n’a que des yeux s’il est peintre, des oreilles s’il est musicien ou une lyre à tous les étages du coeur s’il est poète, ou même, s’il est un boxeur, seulement des muscles ? Bien au contraire, il est en même temps un être politique, constamment en éveil devant les déchirants, ardents ou doux événements du monde, se façonnant de toutes pièces à leur image. Comment serait-il possible de se désintéresser des autres hommes, et, en vertu de quelle nonchalance ivoirine, de se détacher d’une vie qu’ils vous apportent si copieusement ! Non la peinture n’est pas faite pour décorer les appartements ! C’est un instrument de guerre offensive et défensive contre l’ennemi. »

 

 

 

 

Le briseur de grève - le "jaune"

5 juin 2010

 

 

Jack London

Après que Dieu a achevé de créer le serpent à sonnette, le crapaud et le vampire, il lui restait encore un peu de substance avec laquelle il créa le briseur de grève.
Le briseur de grève est un animal à deux pattes avec un esprit tordu, un cerveau dilué et une moelle épinière visqueuse et gluante.
À la place du coeur, il a une tumeur de principes pervertis. Quand le briseur de grèves marche dans la rue, les hommes lui tournent le dos, les anges pleurent dans le ciel et les démons eux-mêmes ferment les portes de l'enfer pour l'empêcher d'entrer ...
Judas Iscariote était un homme profondément digne en comparaison avec le briseur de grève.
Car après avoir trahi son maître, il eut la force de caractère de se pendre. Le briseur de grève ne l'a pas.
Jack LONDON

 

 

 

Rassemblement-concert de soutien contre les abus policiers

3 juin 2010

 

 

A Bordeaux, comme ailleurs « Police partout, justice nulle part ! » Appel à Soutien pour Magalie et Myriam, Victimes d'abus policiers

Le 4 juin au Tribunal de Grande Instance de Bordeaux à 14h.

 

Concert contre les abus policiers

 

Concert Solidaire Contre Les Abus Policiers,

Samedi 5 juin 2010, Rock School Barbey,

20H30 AVEC KENY ARKANA

 

http://clap33.over-blog.com

http://inougav.blogspot.com

 

 

 

Prolétariat de Brav

1er juin 2010

A voir! Principalement génial! ;)

 

 

 

Prolétariat de Brav

 

 

profitez-en pour regarder les autres vidéos de notre compte!

 

 

Massacre de la flottille internationale d'aide à Gaza

31 mai 2010

L'entité sioniste est coutumière du fait et assassine régulièrement des Palestiniens armés ou non.

Que les morts et les prisonniers soient étrangers ne change rien si ce n'est que les gouvernements bourgeois comme celui de la France doivent se désolidariser de leur allié et que les médias français seront obligés d'en parler un peu.

La solidarité internationale envers la Palestine est importante en France aussi notamment parce que l'Etat français soutient l'entité sioniste et empêche ainsi les Palestiniens de se libérer.

Ci-dessous un texte écrit avant l'attaque.

 

 

Palestine m'appelle

 

29 mai 2010 - de Thomas*, depuis l'un des bateaux de la flottille de Gaza

Un jour ou l'autre peut-être, quelqu'un écrira l'histoire complète de cette aventure. Il y aura beaucoup de rires, de véritables cris et quelques larmes. Mais ce que je peux dire maintenant, c'est que nous n'avions jamais imaginé que nous ferions flipper Israël comme ça. Enfin, peut-être dans certains de nos plus beaux rêves.... Tout d'abord, ils ont créé une équipe spéciale d'urgence réunissant le ministère israélien des Affaires étrangères, le commando de marine israélien et les autorités pénitentiaires pour contrer la menace existentielle que nous et nos quelques bateaux remplis d'aide humanitaire représentent. Puis, Ehud Barak lui-même a pris le temps, malgré son agenda chargé, de nous mettre en garde à travers les médias israéliens. Ils nous annoncent maintenant qu'ils nous enverront dans la pire des prisons israéliens, dans le désert près de Beersheva.

Ce sont des annonces pour nous faire peur. Et d'une certaine façon nous avons peur. Nous avons peur de leurs navires de guerre, peur de leurs Apaches et de leur commando tout noir. Qui n'en aurait pas peur ? Nous avons peur qu'ils saisissent notre cargaison et toute l'aide médicale, les matériaux de construction, les maisons préfabriquées, les kits scolaires, et qu'ils les détruisent. Toute cette solidarité patiemment rassemblée dans de si nombreux pays pendant plus d'un an. Tous ces efforts et cette vague d'amour et d'espoir envoyés par des gens normaux, d'humbles citoyens de Grèce, Suède, Turquie, Irlande, France, Italie, Algérie, Malaisie. Tout ceci pris comme un trophée par un État agissant comme un vulgaire pirate des îles. Qui ne sentirait pas un certain sentiment de responsabilité et de peur de ne pas être capable d'accomplir notre mission et livrer nos marchandises à la population emprisonnée de Gaza ?

Mais nous savons que la peur est aussi de l'autre côté. Parce que depuis le début de notre coalition, l'Etat d'Israël fait tout ce qu'il peut pour éviter la confrontation avec nous. Depuis le début ils ont essayé de nous empêcher de partir, de regrouper nos forces et de prendre le large tous ensemble vers Gaza. Ils ont essayé de nous briser. Leur scénario idéal était de nous diviser, les Irlandais d'un côté, les Grecs et Suédois d'un autre, les Américains d'un autre encore et les Turcs tout seuls. Bien sûr, ils savaient qu'ils ne pourraient pas mettre la pression sur la Turquie, ni agir directement là-bas. Alors ils ont concentré leurs attaques sur les parties irlandaises et grecques de notre coalition.

Le premier set a commencé il y a deux semaines quand ils ont saboté le cargo irlandais, l'obligeant à retarder son départ pour près d'une semaine. Mais, les Irlandais ont réparé aussi vite qu'ils le pouvaient et maintenant ils sont à un ou deux jours derrière nous. Puis ils ont mis une pression énorme sur le gouvernement grec, affaibli par la criseéconomique, pour l'obliger à ne pas laisser partir le cargo grec et le bateau de passagers greco-suédois. A cause de ces pressions, nous avons dû retarder notre voyage deux fois et demander aux Turcs, à leurs 500 passagers et aux amis américains qui étaient prêts à partir de nous attendre. C'est ce qu'ils ont fait heureusement ! Jusqu'à la dernière minute avant leur départ de Grèce, nous ne savions pas si les deux bateaux auraient l'autorisation du gouvernement grec, mais finalement le gouvernement grec a décidé de prendre ses responsabilités en agissant comme un Etat souverain et a laissé le cargo et le bateau de passagers quitter le port du Pirée à Athènes.

Le deuxième set a eu lieu hier, dans la partie grecque de Chypre, là où nous avions négocié avec le gouvernement d'embarquer une délégation VIP deparlementaires européens et nationaux de Suède, d'Angleterre, de Grèce et de Chypre. Alors que les deux bateaux de Grèce, le bateau américain venant de Crète et les 4 bateaux turcs étaient déjà au point de rendez-vous attendant que la délégation VIP arrive et embarque à notre bord, nous avons reçu la nouvelle que notre délégation était encerclée par la police chypriote dans le port de Larnaka et interdite de bouger où que ce soit. Chypre, un pays européen, était en train d'interdire a des parlementaires européens de se déplacer librement sur son sol, en rupture complète de toute législation et réglementations européennes ! Alors que nous commencions à négocier avec le gouvernement chypriote, nous avons clairement compris que ce changement soudain d'attitude envers nous était dicté directement par Israël. De sept heures du matin jusqu'au soir, le gouvernement de Chypre nous mentait, disant que c'était un malentendu que les VIP aient été autorisés à embarquer pour n'importe quelle direction qu'ils souhaitaient, que c'était juste une question bureaucratique à résoudre. Mais rien ne s'est passé et nos parlementaires ont été pris au piège. Le gouvernement chypriote agissait comme un auxiliaire d'Israël et nous a fait perdre un temps crucial. Ce matin, la délégation VIP a décidé que le seul choix qui restait était d'aller au port de Formogossa dans le Nord de Chypre sous contrôle turc, et de là prendre un bateau rapide pour nous rejoindre au point de rendez-vous. Bien sûr, parce que notre coalition est formée de Turcs et de Grecs et de Chypriotes, la Chypre du Nord qui est sous occupation turque, est une question politique très importante. Et envoyer notre délégation prendre un bateau dans le port de Formogossa, encore sous embargo des Nations Unies, est une question politique encore plus importante. Cela aurait pu briser le dos de nos amis grecs et chypriotes de la coalition. Ce fut presque le cas. Mais c'est le contraire qui s'est révélé. Notre coalition tient toujours. C'est le parti chypriote au pouvoir qui est sur le point de se briser, et les 7 parlementaires grecs et chypriotes qui faisaient partie de la délégation et ne pouvaient pas aller au nord de Chypre sont furieux contre le gouvernement chypriote. Un immense débat a toujours lieu en ce moment en Grèce et à Chypre sur ce qui s'est passé et sur notre flottille pour Gaza. Dans une heure ou deux, 80% de notre délégation VIP embarquera sur nos bateaux et nous partirons pour Gaza comme prévu. Donc nous pouvons dire qu'Israël a perdu les deux sets qu'il a joués.

Dans quelques heures, le dernier set, crucial, commencera quand nous entrerons dans les eaux de Gaza. Bien sûr, matériellement, il serait très facile pour Israël de nous stopper et nous arrêter, mais le coût politique qu'ils auront à payer sera énorme. Vraiment énorme, à tel point que toutes les ruses et les pièges qu'ils ont tenté de mettre sur notre route ont réussi à faire une seule chose : sensibiliser de plus en plus de gens partout dans le monde sur notreflottille et sur la situation de Gaza. Et de tout ça, nous apprenons quelque chose : la peur n'est pas de notre côté, mais du côté d'Israël. Ils ont peur de nous parce que nous représentons la colère des gens tout autour du monde. Les gens qui sont mécontents de ce que l'Etat criminel d'Israël fait aux Palestiniens et à chaque amoureux de la paix qui ose prendre le parti des opprimés. Ils ont peur de nous parce qu'ils savent que, dans un proche avenir il y aura encore plus de bateaux à venir à Gaza comme il y a de plus en plus de personnes à décider de boycotter Israël chaque jour.

Thomas, depuis l'un des bateaux de la flottille de Gaza

* coordinateur de la campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (ccippp)

 

Lutte de des Palestiniens

 

 

 

 

Antifa, développe tes talents d'artiste! Artiste, rejoins l'Action Antifasciste

31 mai 2010

 

Action Antifa

 

 

Collusion entre policiers et fascistes: l'exemple de Lille

27 mai 2010

 

Documents sur les relations entre la police lilloise et le groupuscule néo nazi vlaams huis (source Indymedia Lille ICI)

Le 23 Mai 2009 s’est déroulée une manifestation contre la répression d’état à Lille. Suite à cette manif, 26 personnes furent interpellées devant la Vlaams huis de Lambersart (local néo nazis) et placées en garde à vue.

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Ci-dessus quelques interpellés du 23 Mai

Plusieurs semaines plus tard, une vidéo avec l’identité exacte (nom, prénom et ville d’habitation) de tous les interpellés ainsi que celle de 2 militants communistes arrêtés le 29 Janvier est diffusée sur le site de la vlaams huis et rapidement retirée (sans doute pour narguer les interpellés). Deux personnes venues en soutien aux enfermés (dont l’identité fut prise par des policiers de la Compagnie départementale d’intervention devant le central) seront agressées par des néo nazis suite à cette diffusion. Au vu de la connerie effectuée, la vlaams huis ne s’était sans doute pas attendue aux conséquences qu’un énervement incontrôlé peut produire. Sans doute n’a t’elle toujours pas compris….

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Ci-dessus extrait de la vidéo avec les coordonnées

C’est un travail minutieux qui s’est mis en marche et grâce aux nombreuses recherches, photos et vidéos effectuées ainsi que témoignages, il a fallut se rendre au fait, la police Lilloise est en relation amicale avec l’extrême droite identitaire flamande et plus particulièrement claude hermant, leader de la vlaams huis.

Mais afin d’obtenir la certitude de cette relation, un hacking du forum privée des jeunesses identitaires a été effectué sur l’un des protagonistes en l’occurrence Édouard maillet, trésorier, membre des jeunesses identitaires, fondateur d’opstaan et ratonneur de lycéens condamné à 4000 euros d’amende et 4 mois de TIG. Sur la page extraite de son compte daté d’avril 2008 (à l’époque ou Edouard chantait Bokassa président a Beaune et ou la vlaams huis venait d’être inaugurée), on y découvre l’organisation interne de la maison flamande, ses membres, sa sécurité et son fonctionnement très hiérarchisé.

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Ci-dessus Edouard Maillet chante bokassa 1er à Beaune lors du congrès des identitaires video disponible sur dailymotion : « JI chantent Bokassa 1er »

Mais le plus grave est sans doute le dernier paragraphe ou l’on découvre avec détail les très bonnes relations de la Vlaams huis avec le chef de la Sureté urbaine de Lille, le chef de la police municipale de Lambersart et un autre illustre inconnu qui va y fêter son anniversaire.

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Ci-dessus hacking

La police lilloise, de part ses membres et l’incapacité de ses chefs Jean Claude Menault et Philippe Patisson, possède en son sein des individus gradés aux idées fascistes donnant des informations de gardés à vue et simples individus, issues des fichiers STIC ou puisées directement auprès des fichiers du renseignement intérieur.

Enfin les problèmes juridiques, les différentes enquêtes et procès pour ratonnades, les suspicions de profanation de tombes et les condamnations à des peines de prison entourant cette mouvance néo nazis n’entraineront qu’une seule volonté : la fermeture de ce local et la radiation des policiers incriminés.

PS : une petite pensée pour toi policier qui à pris en photo les interpellés un a un dans la rue, qui est passé dans les cellules le 23 Mai 2009 et ou tu as demandé le nom, prénom et ville des gardés à vue que tu as noté au crayon de bois en dessous de ces mêmes photos imprimées. A ce moment, ta célèbre phrase fut : « c’est bien ce que vous avez fait mais fallait pas s’attaquer à la maison flamande »

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Ci-dessus policier passé dans les cellules

On n’oublie pas, pôle emploi vous attends. On vous le jure.

Philippe Patisson fera t’il comme à Amiens. Les taupes sont-elles dans la BAC, Pawlaczyk Francky, Canivet Christophe, Vincourt Philippe, Bavière Christophe, Dumange Arnaud……

 

 

 

 

Le vrai bilan de la colonisation française en Algérie: L'école coloniale en Algérie

25 mai 2010

 

la colonisation vue par le PCF et la CGTU

 

La politique scolaire de l’impérialisme français en Algérie (Internationale des Travailleurs de l'Enseignement Mai 1930)



La langue de l’enseignement

L’école algérienne a toujours été un merveilleux instrument pour assurer la domination française, la francisation des indigènes.

Les impérialistes ont imposé par la force l’école française, en se réclamant de la haute mission civilisatrice de la France. La population voudrait qu’à l’école on enseignât en arabe ; la ligue arabe « l’Étoile nord-africaine », organisée en 1927 à Paris et qui ensuite s’est affiliée à la Ligue anti-impérialiste, revendique l’enseignement dans la langue maternelle, et s’élève contre le système actuel d’oppression de l’école arabe.

A entendre « nos civilisateurs », seule l’école française peut relever le niveau culturel des indigènes. En réalité, la politique d’assimilation des arabes, surtout des fils de notables, a pour but de briser définitivement la résistance des vaincus. Dans la revue française L’Education, de janvier 1930, revue publiée sous le patronage de la commission d’éducation du redressement français, un inspecteur de l’enseignement primaire d’Alger, Augé, écrit cyniquement, à propos des organisateurs de l’enseignement dans la colonie et notamment du recteur Jeanmaire : « Enfin – surtout ! – On devait tenter d’aboutir à la constitution d’une seule école, où seraient élevés, en commun, les enfants de toutes les races et de tous les cultes, pour démolir les barrières qui se dressaient entre populations si diverses... ». La pensée de Jeanmaire s’élargit de plus en plus : « Aucune séparation absolue entre les enfants ne peut être édictée ; il faut tendre à réduire les obstacles qui s’élèvent naturellement entre eux, jusqu’à la fusion complète des deux enseignements. » Cependant, quant à la masse des indigènes, « l’instruction à leur donner devrait éviter d’en faire des déracinés dangereux. Élémentaire et pratique, elle tendrait à élargir leur horizon intellectuel et à former leur jugement, mais en se limitant aux connaissances utiles à l’indigène dans l’exercice de sa profession ou dans ses relations avec les autorités et les habitants français. Cette directive est toujours respectée »....

En somme, une caricature d’ « école unique » pour Européens et colonisés. On comprend que la revue, – si modérée ! – des instituteurs indigènes ait écrit il y a deux ans : « On peut lire dans le plan d’études actuellement en vigueur que les jeunes indigènes ne doivent pas être initiés aux beautés de la langue littéraire et que le français usuel, réduit à quelques connaissances rudimentaires, suffira aux relations d’ordre pratique qu’ils auront avec les Européens.

C’est net les indigènes doivent être instruits non pour eux-mêmes, mais pour les besoins de la colonisation. »



Insuffisance de l’école publique

Dans toutes les écoles publiques, l’enseignement est donc donné en français. Nous avons déjà indiqué au précédent bulletin qu’il n’y avait dans les écoles, que 63 000 enfants indigènes pour une population supérieure à 5 millions d’habitants. Le personnel enseignant est surtout français. Il y a en Algérie, trois écoles normales européennes de filles : à Miliana, Constantine et Oran ; avec 233 élèves-maîtresses, et deux écoles normales européennes de garçons, avec 185 élèves-maîtres, plus une troisième école normale de garçons en voie de création à Oran ; mais il n’existe qu’une seule école normale indigène, à la Bouzaréah, avec 77 élèves-maîtres ; naturellement pas d’élève-maîtresse musulmane.

Tout l’enseignement primaire supérieur et secondaire porte le même caractère ; les écoles ne sont fréquentées que par les Français, les Israélites et les Arabes les plus riches.

Il est donc évident que la population laborieuse indigène manque de contact avec la culture ; le réseau scolaire est absolument insuffisant ; il y a huit fois plus d’enfants indigènes en dehors de l’école publique qu’à l’intérieur—faute de place, faute de crédits.


Les écoles indigènes

Le système d’oppression nationale donne toujours les pires résultats dans le domaine de l’enseignement. Les indigènes qui n’éprouvent que de l’aversion pour l’école française et qui, d’ailleurs, ne disposent d’écoles françaises que dans une proportion pleinement insuffisante, continuent à envoyer leurs enfants aux vieilles écoles musulmanes, vu l’absence d’écoles arabes modernes.

Le système scolaire musulman, primaire et supérieur, date de plusieurs siècles. L’enseignement supérieur se donne dans les médersas qu’on trouve à Alger, Constantine et Tlemcen ; on y professe seulement la théologie et le droit musulmans, et on y forme principalement des fonctionnaires pour la justice musulmane.

L’école primaire musulmane, ou petite école coranique, est dans la plupart des villes rattachée à la mosquée, ce qui suffit à la caractériser. Elle na pas changé depuis de siècles. Les conquérants n’ont pas eu la peine de rechercher un système adapté à leur politique : ils ont trouvé un système tout fait – une école qui sert à merveille le régime colonial, par son esprit de servilité et d’obéissance stupide, où les enfants s’habituent à l’hypocrisie et à la soumission passive, qui garantit le maintien de l’absolutisme en semant l’ignorance.

En quoi consistent les programmes ? Le seul but est l’enseignement de l’Islam ; la base de l’étude est constituée par l’étude du Coran, source de toute sagesse pour les musulmans. Les enfants ne font qu’apprendre par cœur les textes coraniques ; à peine l’écolier a-t-il appris à déchiffrer l’alphabet qu’on lui fait réciter les textes religieux.

Les châtiments corporels sont fréquents et durs. Enfin, les fillettes restent complètement en dehors de ces écoles.

L’école coranique forme un obstacle redoutable pour le développement intellectuel des indigènes. Mais la troisième République a recueilli avec joie l’organisation établie par le clergé musulman, et l’impérialisme a sanctionné sans hésitation l’œuvre de l’aristocratie féodale.


98% d’illettrés

Ce n’est pas un chiffre exagéré. Il est vrai que les annuaires officiels n’avouent que 90% d’illettrés. Mais il faut tenir compte du fait que le recensement concernait aussi 830 000 Européens. En réalité, il n’y a que 2 pour cent des indigènes qui sachent lire.
Tel est le vrai bilan du centenaire.


Pour la libre disposition

Malgré ce défavorable état de choses, l’impérialisme français s’efforce d’obtenir que la population d’Algérie exprime à l’occasion du centenaire sa gratitude pour les « bienfaits de la civilisation ». Les agents de l’impérialisme français travaillent dans ce sens, y compris les chefs confédérés.

Les meilleurs propagandistes de la C.G.T. viennent souvent en Algérie, par exemple Jouhaux et Lapierre. Au début de 1929, a eu lieu à Alger, le congrès des syndicats confédérés de l’Afrique du Nord. On a dressé des revendications pédagogiques.

Les réformistes ont raison de revendiquer l’extension du réseau scolaire. Mais pourquoi considèrent-ils l’école française comme la seule qui puisse relever le niveau culturel des indigènes? Jouhaux, en commentant ces résolutions, a écrit dans le peuple que le mouvement ouvrier revendiquera l’émancipation des indigènes, en même temps que leur assimilation, par l’union étroite de l’Afrique du Nord et de la métropole.

Les méthodes de cette union sont bien connues. C’est par la violence, par l’oppression que l’impérialisme français entend assurer sa domination. L’assimilation a pour prémisse l’oppression de la culture nationale. Mais malgré tous les efforts des impérialistes et de leurs complices, les masses laborieuses d’Algérie continuent à lutter pour l’indépendance.

Leurs efforts sont soutenus par le prolétariat révolutionnaire de métropole.

L’année 1930 ne sera pas pour le prolétariat indigène une année de célébration du centenaire, mais une année de lutte contre les capitalistes français et leurs agents ; de lutte pour le droit de libre disposition.

 

 

 

Sur l'avortement

21 mai 2010

 


avortement: si je veux quand je veux!

 

La bataille pour l’interdiction de l’avortement est un combat emblématique des fascistes.

Les antifascistes, eux, luttent pour le droit de pouvoir choisir. Si nous sommes opposés, c’est parce que notre analyse du monde et notre projet de société ne sont pas les mêmes.

Les fascistes veulent principalement que les femmes produisent des enfants pour en faire des soldats au service de la « France » (pas uniquement des militaires !). Certes, tout cela est enrobé de verbiage religieux sur la « création » et certains intégristes ou naïfs vont même jusqu’à y croire. Cependant, il ne faut pas être dupe.

Nous, nous partons de la vie réelle du peuple - femmes et enfants - pour analyser la situation.

Tout d’abord, il est important de dire que pour une femme, un avortement n’est pas un geste anodin ni une partie de plaisir. L’angoisse d'être enceinte, la culpabilité, les regrets, l'auto-dénigrement en plus des séquelles physiques, des effets secondaires, sans parler du coût financier, de la perte de temps, du regard des médecins gynécos souvent infantilisants ainsi que malheureusement une certaine réprobation sociale sont non négligeables.

L’image que tentent de répandre les fascistes comme quoi une femme qui avorte est une femme qui ne pense qu’à elle et à son plaisir est fausse.

Pour comprendre la question de l’avortement au sein du peuple, il faut partir de la réalité de la société capitaliste dans laquelle on vit. C'est-à-dire que même si avoir des enfants voulus est une grande joie, il n’empêche que c’est très coûteux en termes de temps, d’argent et de carrière. Et c’est bien entendu les femmes qui doivent supporter la majorité de ce poids.

Élever un enfant dans la société bourgeoise nécessite beaucoup de temps de la part des parents et vu que les enfants y sont élevés en couple et que la prise en charge par la société est minime (crèche, école, activités diverses…)c'est souvent la mère qui s’occupe de la plus grande part tandis que le père supervise généralement.

Au niveau financier, même s’il existe certaines aides, elles ne sont pas suffisantes.

 

avortement: si je veux quand je veux!

 

Enfin, il est prouvé que les femmes qui ont des enfants ont des perspectives professionnelles encore plus faibles que celles qui n’en ont pas.

Et le plus important : des parents veulent le bonheur de leurs enfants et ils savent bien que si eux-mêmes ne sont pas heureux un enfant non désiré a très peu de chances de devenir un enfant puis un adulte heureux. C’est le bonheur de leur possible enfant qui justifie la possibilité de l’avortement. Et comme chacun sait : le bonheur ne se décrète pas !

Bien sûr, certains vont nous dire que ces femmes n’ont qu’à mener à terme leur grossesse et laisser l’enfant une fois né à des parents adoptifs.

D’une part, ce serait oublier que dans la société bourgeoise emplie de sa morale, une femme célibataire enceinte est très mal vue. Et c’est encore pire si elle ne veut pas la mener à terme et/ou élever l’enfant. Elle est notamment moquée du fait qu’elle ne saurait pas gérer sa contraception, qu’elle aurait une vie légère ou qu’elle serait bête parce que n’ayant pas réussi à garder le père…

De toutes façons, dans cette société patriarcale, c’est toujours la femme qui est jugée fautive !

Dans la société dans laquelle on vit actuellement, une grossesse est non seulement pénalisante au niveau social mais également au niveau financier (habits, baisse de productivité due à l’état de santé, temps passé en rendez-vous médicaux, préparation de l’accouchement, arrêt de travail…). Dire que les femmes n’ont qu’à aller au bout de la grossesse pour confier ensuite l’enfant à une autre famille est un discours idéaliste complètement coupé de la réalité.

 

avortement: si je veux quand je veux!

 

Par ailleurs, il est bon de rappeler que l’avortement, n’est pas un choix que l’on fait avant de tomber enceinte, que personne ne se sert de l’avortement à la place d’un contraceptif et que si des femmes se retrouvent enceinte sans l’avoir voulu, quand ce n’est pas à la suite d’un viol, c’est à cause de la défection ou de l’inadaptation d’une contraception dont le poids repose en grande partie sur les femmes.

Par exemple, si les contraceptifs masculins sont inexistants (hors préservatif), les contraceptifs féminins ne sont pas bien développés. De plus, ils ne sont en général pas ou mal expliqués comme le stérilet sur lequel circulent toutes sortes de rumeurs infondées (Cf site Martin Winckler) et quand on en trouve un qui convient, il est bien souvent non remboursé et à la charge de la femme. Sur ce site internet, on peut d’ailleurs voir comment certains gynécologues se vengent un peu sur les femmes par des gestes, des discours et l'emploi de certaines méthodes inutiles ou inappropriées pour punir les femmes.

Il ne faut pas non plus oublier, que si tomber enceinte n’est pas forcément voulu, et si c’était souhaité à un moment, cet avis peut changer entre la conception et l’accouchement notamment si les conditions économiques changent ou bien entendu si les sentiments amoureux entre les futurs parents s’éteignent.

Un enfant désiré peut également se révéler être un fœtus anormal qui donnerait un enfant handicapé. Or quand on voit comment sont traités les handicapés dans cette société bourgeoise, il faut être cruel pour souhaiter à d’autres de vivre cette vie.

Pour toutes ces raisons, pouvoir avorter doit donc être un droit. Et si l’avortement n’est certes pas la panacée, il n’empêche que c’est un droit à défendre, à consolider et à élargir comme la possibilité de ne pas avorter pour celles qui le souhaitent doit aussi être un droit.

 

avortement: si je veux quand je veux!

 

Enfin, avorter est un choix et comme tout choix, certaines peuvent le regretter a posteriori mais, si en fonction des circonstances, ce regret peut être compréhensible, en revanche, il est inacceptable de chercher à transmettre ce regret individuel à d’autres, voire à interdire cette possibilité de choisir aux autres femmes.

Pour terminer un rappel de ce qui pourrait paraître une évidence. Ce choix appartient à la femme ! tout simplement car, dans cette société patriarcale, c’est elle qui en subit les plus grandes conséquences et si les fascistes veulent interdire l’avortement, c’est aussi parce qu’enlever cette possibilité aux femmes permet aux fascistes de maintenir leur domination sur l’esprit et le corps des femmes en contrôlant leurs tensions érotiques, en leur refusant le droit au plaisir simple, non calculé et non préparé: un droit pourtant d’autant plus compréhensible en regard de la pression que les femmes subissent dans cette société.

Pour l’avortement libre et gratuit.

Contre les arguments réactionnaires des cléricaux, mobilisons-nous pour que l’avortement ne soit plus stigmatisé.

AABDX


 

 

Quel genre de prof avez-vous?

16 mai 2010

 

 

 

un prof libéré et offensif comme dans "Jonas 25 ans en l'an 2000" d'Alain Tanner?

 

 

ou une prof comme dans "l'esquive" d'Abdellatif Kechiche dont nous avons déjà parlé à propos du film "la faute à Voltaire"

 

 

 

Les glorieux anciens: il y a 39 ans. Minute est plastiqué.

14 mai 2010

 

 

metissage contre identité

 

Le 14 mai [1971] à 4h 40

LE JOURNAL FASCISTE "MINUTE" A SAUTE!

LES CRIMES RACISTES NE RESTERONT PAS IMPUNIS !

Dans la nuit du 13 au 14 mai, le groupe Manouchian de la Nouvelle Résistance Populaire, organisation clandestine d'auto défense des masses populaires, a lancé une attaque éclair contre les locaux du journal "Minute" et les a fait sauter...

Depuis plusieurs mois, le journal raciste "Minute" est à l'avant-garde d'une campagne visant à dresser la population française contre les travailleurs arabes.

Le gouvernement algérien a décidé de reprendre aux compagnies pétrolières "françaises" le pétrole qui lui appartient... Sous ce prétexte, tout ce que la France compte comme racistes,
comme nostalgiques du nazisme ou de l'OAS a lancé une campagne pour inciter à la haine raciale et même au meurtre des travailleurs algériens.

Cette campagne raciste a déjà eu pour résultat la tentative d'assassinat d'un ouvrier algérien d'Ivry, blessé de cinq balles de révolver et frappé à coups de pelle par les policiers fascistes pour avoir volé un yaourt.

Elle est à l'origine de la manifestation que voulait organiser Bidault avec Ordre Nouveau sur le thème :"Dehors les Algériens", manifestation qui a sombré dans le ridicule grâce à la mobilisation de tous les antiracistes.

Le gouvernement français qui n'a pas hésité à dissoudre la "Gauche Prolétarienne" et a emprisonné pour des mois où des années les militants maoïstes, ne fait rien contre l'hystérie raciste... Au contraire.... Marcellin a envoyé ses flics contre les anti-racistes pour protéger les nazis d'Ordre Nouveau au Palais des Sports Pleven, qui a fait condamner Geismar à 3 ans et demi de prison, a accordé 4 mois de prison avec sursis à un flic qui avait tué un patron de café algérien lors d'une vérification d'identité.

EN CE MOMENT, A RENAULT, LES OUVRIERS FRANCAIS ET IMIMIGRES OCCUPENT COTE A COTE LEUR USINE ...

Plus que jamais il est non seulement necéssaire mais légitime de briser ce qui divise les travailleurs et d'employer tous les moyens pour écraser ceux qui appellent à la haine raciale et au fascisme.
- au côté de nos frères immigrés, nous avons manifesté à 30 000 le 1er mai !
- cocktails à la main, nous avons attaqué les nazis d'Ordre Nouveau, les CRS fascistes de Marcellin, le 9 mars au Palais des Sports!
- Le 14 mai, la NRP a fait sauter "Minute"'.

POUR L'UNITE DU PEUPLE, GUERRE AU RACISME !
Groupe de Propagande et d'Action Pour un Mouvement de la jeunesse

 

 

Soutien aux quatre antifascistes arrêtés à Belleville le 9 mai.

12 mai 2010

 

 

Antifa

Quatre sympathisants de l'Action Antifasciste ont été arrêtés lors de la manifestation de dimanche à Paris.

L'Etat bourgeois les accuse de « participation à un attroupement armé ». C'est à dire qu'ils sont accusés d'avoir voulu manifester masqués et en possession de battes de baseball.

Les quatre sont restés 48 heures en garde à vue avant d'être libérés en attendant que l'enquête se poursuive.

Nous soutenons complétement nos camarades interpellés et ne manquerons pas de prendre part aux prochaines initiatives de solidarité.

En effet, aujourd'hui, alors que les bandes fascistes pullulent, grandissent et s'arment, que les agressions se multiplient, que des camarades meurent dans toute l'Europe, il est hors de question de renoncer à notre droit à l'auto-défense.

Contre le fascisme, contre les fascistes, pour la révolution!

Action Antifasciste Bordeaux

http://aabdx.lescigales.org

pour plus d'infos sur la suite: http://antifa.fr/forum

 

 

Action contre la mouvance dies irae

5 mai 2010

Le journal Sud ouest relate des actions contre des biens de la mouvance intégriste catholique:

 

maison du fasciste rivière

Des croix gammées et des sigles SS sur les murs inscrits à la peinture noire. C'est ce qu'a découvert samedi, sur la façade de sa maison, l'avocat Thomas Rivière, président de l'école bordelaise Saint-Projet, établissement d'enseignement catholique entièrement privé.
Il est mis en cause dans le reportage « À la droite du Père », diffusé sur France 2 mardi dernier dans l'émission « Les Infiltrés » (lire nos précédentes éditions).
Thomas Rivière, à l'origine de la création de cette école, s'estime piégé par le journaliste de l'agence de presse Capa et condamne les propos racistes et antisémites tenus par les militants du groupuscule extrémiste Dies Irae.

Trois endroits visés

Ce week-end, la tension est malgré tout montée d'un cran. La maison de Thomas Rivière donc a été taguée de sigles nazis et deux autres événements se sont produits, visant la mouvance traditionaliste.
La vitrine de la librairie de la rue Saint-James, située face à l'entrée de l'église Saint-Éloi, a également été prise pour cible et brisée par deux individus qui ont lancé des pavés, dimanche, à 3 heures du matin. Plusieurs impacts sont d'ailleurs visibles.
Les auteurs présumés ont été arrêtés par une patrouille de la brigade anti-criminalité de Bordeaux alors qu'ils s'enfuyaient, cours Victor-Hugo. Ils ont été placés en garde à vue au commissariat central où ils ont été auditionnés. Il s'agit de deux Bordelais âgés de 25 et 27 ans.
Un peu plus tôt dans la nuit, le bar associatif de Dies Irae, rue de Guienne, a été lui aussi tagué. Des autocollants d'un groupe anarchiste ont aussi été apposés sur la devanture.
Pour tous ces faits, la Direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) a été saisie par le parquet.

librairie integriste attaquee


Des gens connus
Les enquêteurs du Service régional de l'identité judiciaire ont effectué des opérations de police technique et scientifique. De minutieux prélèvements ont été réalisés sur les lieux pour tenter d'identifier les tagueurs qui ont semble-t-il pris beaucoup de précautions avant de se lancer, pinceau à la main.


L'enquête pourrait s'orienter vers la mouvance de gauche même si toute autre piste n'est pas exclue.
Dans le cadre de cette affaire, la PJ va travailler en étroite relation avec le service départemental d'informations générales (SDIG) et celui du Renseignement intérieur (RI).
Les investigations pourraient être menées sur différents sites du département. À Bordeaux et dans le Libournais notamment. « L'émission ''Les Infiltrés'' a révélé certaines choses mais ces gens-là sont connus. Il va falloir traduire dans la réalité quelque chose que les services de renseignements connaissent bien », confie un policier.
L'enquête qui ne fait que débuter devrait mettre en lumière plusieurs infractions ainsi que des délits. « Les faits au plan moral et sociétal sont graves, reconnaît une source proche de l'enquête, mais la procédure est plus complexe que cela. D'autant qu'entre la saisine des services de police judiciaire et la diffusion de l'émission, des éléments ont sûrement disparu. »

 

 

si l'innocent mérite notre solidarité, le coupable la mérite encore plus!

que ce soit l'un ou l'autre, nos colonnes sont ouvertes et nous soutiendrons de toutes les manières possibles tous ceux qui seraient poursuivis dans cette affaire. Solidarité antifasciste!

 

Relance de l'Action Antifasciste de Bretagne

5 mai 2010

Ici: http://antifa.Fr/AABZH

 

Action Antifasciste BZH

 

 

Manifestation antifasciste le 9 mai à Paris

4 mai 2010

l'AABDX, comme tout le réseau de l'action antifasciste (http://antifa.fr/forum), appelle à soutenir la manifestation antifasciste du 9 mai à Paris.

Le site de mobilisation de l'Action Antifasciste: http://contre9mai.antifa.fr

Black Block spirit!

Black block antifa

 

 

 

Action Antifasciste Pévèle et Mélentois: le retour!

2 mai 2010

Heureux de vous revoir parmi nous! ;-)

Ici: http://antifa.fr/aapm

 

Action Antifasciste Pévèle Mélentois

 

 

 

 

contact: action-antifa-bdx(at)hushmail.com en remplaçant (at) par @

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